Final Fantasy VII : Advent Children - Advent Children Complete : C'est Meilleur Réchauffé
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Advent Children Complete : c'est meilleur réchauffé

Premier long-métrage gaming à être prisé lors des festivals internationaux, Final Fantasy VII : Advent Children avait fait l'effet d'une bombe à la rédaction, mais dont la ficelle était trop courte. Cloud et Sephiroth, par l'intermédiaire du gang Kadaj, se livraient à une chasse à l'homme sans vergogne où le spectateur, non mécontent d'avoir quelques vertiges (mention spéciale à la montée crescendo de l'autoroute), pouvait néanmoins reprocher à Square Enix de ne pas laisser suffisamment le temps à la narration. Ainsi, les Turks et autres personnages secondaires manquaient cruellement de profondeur alors qu'ils apparaissaient cruciaux dans le jeu original. Avec cette version Complete forte de trente minutes intelligentes ajoutées, le pécher originel est réparé. Il était temps.

Pour son réalisateur, Tetsuya Nomura, l'objectif était clair : la version courte, aguicheuse, superficielle, devait gagner en force de conviction. Les dialogues de Final Fantasy VII : Advent Children avaient beau être pesés au grain, ils n'en demeuraient pas moins elliptiques. Si bien que nous avions du publier dans la foulée une sorte de notice où toutes les allusions implicites étaient expliquées. La grande force de cette version longue, c'est qu'elle renoue avec l´idiosyncratie de Final Fantasy VII. Elle se veut moins économe : sur la relation mère-enfant entre Kadaj et Jenova, sur le pourquoi du comment Cloud est tombé malade de Geostigma et sa fuite en avant dans la solitude, sur les employés de la Shinra. Et plus général encore, sur les habitants d'Edge, la ville poubelle où prend place l'intrigue, après la chute du météore. Le film brille enfin parce qu'il ne fait plus aucun tabou, par langue de bois ou pire par fainéantise : le spectateur est donné à faire la grimace devant ces corps qui se mutilent sous les effets du Geostigma. La souffrance est palpable dans les ruelles insalubres d'Edge : aussi alarmante soit-elle, la ville a trouvé une âme. Les habitants s'entraident et se rechignent, Denzel erre dans les décombres entourant l'église avant d´être recueilli par Cloud. C'est là l'ordre scénaristique. Cet ordre qu'avait tant mis à mal la version originale en donnant la primeur à l'action et en ne s'offrant aucun recul.


Vers une démocratie participative

Advent Children Complete s'étoffe d'abord en reconsidérant le background de chacun des personnages. Les Turks ne sont plus de simples marionnettes à rire : elle regagne beaucoup de leur statut de haut fonctionnaire à la Shinra Corp. Dans un nouveau dialogue, ils s'interrogent sur les motivations qui poussent les simples employés à travailler encore pour la société après la chute du météore. Ils ont également une pensée pour Elena et Tseng, pris dans le piège tendu par Kadaj dans la Cratère Nord. Ces paraboles, de deux minutes tout au plus, renforcent considérablement l'empathie du spectateur pour les personnages : Elena et Tseng ne sont plus considérés comme des miraculés parachutés juste à temps pour sauver la vie de leur boss. De même, Cloud, Tifa et Denzel gagnent en profondeur par des détails simples mais appelant toujours à la mémoire du joueur : une photo où ils figurent tous les trois, un ouvrage d'anatomie et une radio toujours en écoute pour montrer qu'ils cherchent à trouver un remède à la maladie. Le ressenti aussi de Denzel, lorsqu'il monte dans le camion-fourgonette de Yazoo, direction la Citée Oubliée. Et j'en passe pour ne rien gâcher à votre plaisir si vous veniez à le regarder... mais sachez que toutes ces scénettes ne sont en rien superficielles. Elles sont réfléchies, parfois spectaculaires voire tordantes de rire. Ce Reno...
Puis les détails plus anecdotiques, on les retrouve sur les corps et visages de nos héros. Mais aussi sur la moto de Cloud : aucune égratignure ou tâches de terre n'a échappé aux développeurs. Les nouveaux costumes de Reno et de Rude en sont d'ailleurs remplis après le passage de leurs détraqueurs, Yazoo et Loz. On comprend maintenant alors pourquoi ils frottent leurs vêtements quand, dans l'original, tout restait parfaitement clean. Plus dense, la gestuelle des personnages donne plus de souplesse aux scènes d'actions. On les croyait timides, serrés dans leur tailleur, il n'en sera rien dans cette version Complete : Reno saigne du nez après avoir reçu un coup au visage, de même que Cloud accusera davantage de blessures rouges voyantes lorsqu'il combattra Sephiroth. Entre autres milliers de minutieuses améliorations disséminées par-ci par-là...


Le train toujours à l'heure

Reste un autre petit point à régler, le timing. On pourrait craindre à juste titre que trente minutes supplémentaires, pour porter le film à 126 minutes long générique compris, alourdirait l'enchaînement. A une ou deux secondes maladroites près, il n'en est rien : tel un mix bien senti, les nouvelles scènes, dont la majeure partie est documentaire, viennent compléter sans à-coups les scènes de combats qui sont, sauf la dernière, restées intactes. Naturellement, le film est plus haché mais ce ne sont pas des allers-retours inutiles mais plutôt des parenthèses gonflées à bloc d'informations aussi claires que possible qui marchent de paire avec l'action : la nouvelle scène entre Cloud et Marlene (illustrée plus haut) est à ce titre particulièrement touchante. Et indispensable. C'est pourquoi, lorsque notre héros ténébreux s'apprête à en découdre avec Bahamut Shin puis Sephiroth, il est bien mieux armé. Mentalement du moins et le spectateur le suit parce son empathie pour les personnages a clairement mûri, en particulier pour les Turks, et aussi parce que ce combat est désormais annoncé dès les premières minutes du film, lorsque Kadaj voit deux semaines avant les faits de la version originale, Rufus en fauteuil roulant.


Par ailleurs, le spectacle est d'autant plus grandiose que la technique est infaillible. Si vous aussi, vous trouviez que votre DVD commençait à pâlir, Advent Children Complete vous convaincra peut-être de vous soulager une énième fois de cinquante euros. Ce n'est pas la première réédition sortie, en collector, limitée, haute-définition et tout le tralala. C'est ce que pourrait regretter les fans : cette idée que le réalisateur est en mesure d'offrir un film inachevé pour le compléter quelques années plus tard sous prétexte qu´ils attendront. Nous partageons cet avis mais nous ne pouvons pas, dans le même temps, nier que l'équipe a recréé de toutes pièces des scènes qui donnent le vertige. Sur l'autoroute, comme ailleurs, les éclairages sont saisissants et la 3D vous donnerait à certains moments presque envie de pencher la tête pour éviter la poutre de l'église qui s'effondre. En 5.1, pas de soucis ça détonne. Les musiques, rallongées, n´y perdent rien. Et vous ne pourrez pas échapper au charme de la nouvelle doubleuse de Marlene, Sumire Morohoshi. Alors que la précédente, Miyû Tsuzurahara, donnait au personnage un côté sûr de soi, je sais tout et j'en impose parce que je veux retrouver Cloud, cele-ci conserve ce pan très alerte, conscient de la situation mais teinté d'une certaine faiblesse dans la voix. Elle est juste parfaite et synthétise à elle seule le dessein de cette nouvelle version du film : mieux accompagner le spectateur, donner du relief à la situation de déchéance à laquelle les habitants d'Edge sont confrontés et multiplier les références au jeu original.

Clairement, Tetsuya Nomura a réalisé des choix extrêmement intelligents avec son équipe : Advent Children Complete est trente minutes plus long et infiniment plus dense ! Les tours d'action et de parole de tous les personnages sont mieux équilibrés et par conséquent plus convaincants à l'approche de l'ending : que ce soit sur le banc des victimes, les habitants titubants d'Edge, ou sur le banc des accusés, Sephiroth et comparses, l'intrigue file plus serrée. Il sera toujours difficile pour ceux qui n'ont pas joué à Final Fantasy VII de suivre, mais pour les fans c'est un vrai bonheur. Certes en retard d'un couple d'années mais le taxer de fan service, c'est y aller trop fort.

Le Blu-ray Final Fantasy VII Advent Children Complete est multizone : vous pouvez le lire sur n´importe quelle platine, y compris une PS3 européenne. Il est à la fois doublé et sous-titré en japonais et anglais.

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Hwoaranga

postée le :
20.04.09
mise à jour :
20.04.09

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