Fantasy-Source.com > Article > Square Enix - The Black Mages : Plus Obscurs, Mais Encore BrillantsExit le temps d’un concert l’Uematsu que nous connaissions. Désormais il se produit sur des airs rock’n roll en compagnie de cinq musiciens en ébullition. Nobuo devient ainsi Nobiyo (pseudonyme cher aux membres du groupe) dévoilant sa faiblesse pour les thèmes de combats, les remaniant jusqu’à les rendre démesurés et tordants. Oui, en cette seconde vie (marquée également par la création de sa propre entreprise : Please Smile), il tente d’offrir à son public un autoportrait vitaminé et singulier. Autrement dit, The Black Mages, on a aimé.
Troque clavier contre blouson clouté
Manque de peau. Dans sa seconde vie, Nobuo Uematsu ne se changera pas en statue exhibant, été comme hiver, ses giboles et le reste aussi au Jardin des Tuileries. Il préfère s’entourer d’une bande de rockeurs pour donner un nouveau souffle à ses compositions estampillées Final Fantasy. Puisque si son œuvre connut des arrangements pour orchestre (Final Fantasy VI : Grande Final), piano (Final Fantasy VIII : Piano Collection) et amateurs d’envolées celtiques (Final Fantasy IV : Celtic Moon), il manqua un genre prisée de la scène américaine : le rock. C’est ainsi que Nobiyo (pour les intimes) fit la rencontre de cinq musiciens : Arata Hanyuda (batterie), Keiji Kawamori (bass), Tsuyoshi Sekito (guitare), Kenichiro Fukui (clavier) et Michio Okamiya (guitare) ; The Black Mages sont nés. Toutefois, veston noir et futal en skaï viennent masquer un désir succinct indéniable.
Le désir en effet pour Uematsu-san de lancer un regard bigle sur sa carrière, revivre le temps d’une tournée les moments forts de sa vie professionnelle et privée. Dans cette optique, lui et son groupe décidèrent de se produire à des endroits bien particuliers : lors de la Jindai Festa (fête organisée un lundi de chaque année (les japonais attachent beaucoup d’importance à ce qu’un jour de la semaine soit consacré à la culture)) de l’université de Kanagawa (campus de Yokohama) par exemple. Nobuo souhaitait se ressourcer en mettant à l’honneur ce point de son parcours scolaire. De plus, le compositeur moustachu demandait à partager cet instant dans l’"intimité". C’est pourquoi il régula le nombre de spectateurs pour chaque performance : seulement 500 personnes étaient admises (Square Enix paye la différence ?).
Puisque les deux objectifs qui ont poussé Nobuo à se lancer dans cette expérience ont été énoncés, il est désormais temps pour nous de nous prendre au jeu. Qu’on se teigne les cheveux en rouge, qu’on se glisse dans un falto déchiré aux genoux… The Black Mages souhaitent nous offrir des versions dopées et inédites des classiques qui ont su marquer les fans de Final Fantasy (voire de musique classique). Le résultat se dévoile… dans la partie qui suit.
Si The Black Mages se sont forgés une réputation auprès du large public, ce n’est non sans souligner la qualité de leurs deux albums. C’est pourquoi une présentation accrochée par quelques remarques critiques paraissait indispensable.
Ne vous cachons pas la vérité plus longtemps (difficile de faire moins) : le programme du premier album s’avère plus copieux que le second. Force est de constater également que Nobuo Uematsu décida de mettre toutes les cartes de son côté pour assurer un lancement réussi. Thèmes de combats, d’escapade (amoureuse ou non), de boss, tout avait été minutieusement préparé pour donner lieu à un résultat détonnant. Seul bémol, le manque certain d’interlude telle Motoya’s Cave pour varier les rythmes.
Néanmoins, cette faute est loin de tâcher la performance réalisée dans l’ensemble. Les pistes sélectionnées ainsi que leur arrangement sont tous plus que convaincants. Sincèrement, il serait regrettable de procéder à une critique plage par plage tant ce premier album forme un tout sur vitaminé (Clash on The Big Bridge, Those who Fight Further, The Decisive Battle…) que l’on recommande à chacun, réfractaire ou non aux sons électroniques. Voyons à présent si le second album tient la cadence.
The Skies Above décevant ? Non. Il pousse la fanfaronnade en crescendo mais, force est de constater, que Nobuo Uematsu lui offrit une tracklist moins imposante. C’est ainsi que ce second album est amené à surprendre par des versions vocales de Oherworld (voix féminine digne de romans policiers japonais) et The Skies Above (où un chanteur d’opéra se fait enrôler sur des airs rock’n roll) aux limites de l’entendement. Nobuo Uematsu et sa troupe donnent l’occasion à des classiques tels Motoya’s Cave (de retour) et Maybe I’m a Lion d’exprimer tout leur charme et leur véhémence. On s’étonne à suivre, à la manière d’un concert "courant", des compositions de jeux vidéo (bien que pas n’importe lequel) grâce à un indéniable travail d’adaptation, de remaniement et d’amélioration. Le pari est remporté une seconde fois, même sans l’appui des thèmes récurrents des combats et un Vallo’ Alla Flamenco dénué de son charme espagnol né !
Au final, toutes les plaquettes 8, 9 et 10 se lèvent pour The Black Mages. Les deux albums ont été tenus par une main de maître, celle de Uematsu-san, et accompagné par cinq musiciens des plus talentueux (notamment deux virtuoses de la guitare électrique : Tsuyoshi Sekito et Michio Okamiya). Et rien que pour souligner cette performance, nous vous poussons à suivre, dans une troisième et dernière partie, un de leurs concerts réalisé à la Kanagawa University. Retransmission exclusive en duplex assurée par Fantasy-Source.com !
Ambiance Rock’n Roll !
Question de culture générale : quel pays s’avère être le plus bruyant au monde ? Espagne, Norvège, Etats-Unis… non, vous avez tout faux (réalité plaisante que ce jeu où l’on choisit soi-même son déroulement) ! Il s’agit du Japon ! Vous n’êtes toujours pas convaincu ? Alors suivrez-nous dans les coulisses du concert The Black Mages organisé à la Shibuya-AX, les 26 et 27 Avril 2003 derniers. Rock’n Roll attitude required !
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"Place 501…Etrange, la salle ne comprend que 500 places assises… On a du me fourguer la dernière place à la vue de mon jeans. Quelle chance !" – Tim Rogers, Insert Credit.com
Comme énoncé plus haut, notre compositeur adoré cherchait à retrouver des souvenirs d’enfance et un contact plus singulier avec son public. Cette volonté s’est ressentie dès son entrée en scène : on le sentit décontracté. Il lâcha quelques blagues avant de débuter par "J-E-N-O-V-A" (1/13) (à noter que le programme de ce concert diffère, par sa disposition des pistes, de l’album). C’est alors qu’une masse humaine, jusqu’à alors discrète, pris son souffle avant d’employer sans concession des phrases empreintes de vivacité ; on s’égosillait même pour un Rock’n Roll ! Uematsu-san ! Nobiyo ! Qu’ils soient japonais (en majorité) ou américains, tous s’entendaient à merveille pour encourager de toutes leurs forces leur idole. Malheureusement, le DVD (The Black Mages Live) rend peu compte de cette ambiance sulfureuse. D’ailleurs, en visionnant des vidéos amateurs, on se demande comment certaines poussées de joie ne sont pas ressorties (notamment les encouragements en chœur). Simple détail puisque Nobuo lui, les a bien entendues et remerciées.
[…] Enchaînons si vous le voulez bien sur l’aspect technique de ce concert (rarement évoqué). Notamment sur le travail des éclairages qui plongèrent la salle tantôt au crépuscule, tantôt dans le bleu du ciel. Comme toute performance qui se respecte, les faisceaux fusèrent au rythme de la musique.
A cette mise en scène s’ajoutaient des clips spécialement concoctés pour l’occasion (un acquis qui revient à chacun des concerts). Ces derniers étaient diffusés par le biais de l’écran géant qui surplombait la scène. Néanmoins, on remarquera avec regret qu’ils n’étaient pas assez nombreux pour compléter une mise en scène pourtant déjà léchée. D’autant plus que pour un concert reprenant les thèmes d’une saga, les fans auraient aimés être plus facilement mis dans le feu de l’action en se remémorant les scènes que berçaient les musiques jouées au premier plan. Est-ce un grand malheur pour autant ?
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Vraisemblablement non puisque les artistes eux, s’affichaient avec brio.
Tout d’abord par l’intervention divine de Nobiyo au départ de "The Decisive Battle" (10/13). Il effectue un "One, Two ; One, Two Three, Four" simple certes, mais diablement efficace ! Surtout qu’on s’étonne toujours de voir une personne de telle renommée se "dévergonder" sans artifices.
Puis, la troupe réalisa quelques duos talentueux. Comprenez par là que Tsuyoshi Sekito et Michio Okamiya, les deux guitaristes, jouaient à tour de rôle ; de même pour Nobuo Uematsu et Kenechiro Fukui, les deux claviéristes. Ces interventions donnèrent un véritable "cachet rock’n roll". Surtout que par moment, Michio Okamiya, jouait dos au publique.
Enfin, on appréciera à sa juste valeur l’humour distillé dans la présentation des artistes, à la fin de "Those who Fight Further" (9/13). Chaque membre du groupe a offert une démonstration sur le même rythme de base donné par le batteur Arara Hanyuda. L’occasion pour Michio Okamiya de se faire remarquer en interprétant "Cinco de Chocobo".
Nobuo Uematsu, par le biais des Black Mages, su nous ouvrir les yeux sur une nouvelle mine d’or : l’arrangement rock. En offrant des compositions folles, démesurées, émouvantes et tordantes, le maître pose un doigt sur une source inépuisable : Final Fantasy. Cette tournée fut également l’occasion d’affirmer ses ambitions pour les prochaines années : partager des émotions singulières avec un public qui su lui donner tant. Et rien ne nous empêchera de dire que, pour l’instant, le courant passe parfaitement !