Final Fantasy XIII - Final Fantasy XIII : La Démo épluchée
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Final Fantasy XIII : la démo épluchée

C'est l'heure des questions vérité pour Final Fantasy XIII. Après avoir été plusieurs mois le privilégié des médias, le méga-hit de Square Enix s'offre dans une démo jouable longue d'une soixantaine de minutes où sont mises à plat les bases du système de combat et se devinent les intentions scénaristiques de Motomu Toriyama. Nos impressions.

Dès le départ, Final Fantasy XIII tente de soulever la crainte chez le spectateur. Un spectateur autant alarmé qu'ébahi d'ailleurs tant la firme nipponne n'a rien perdu de son savoir-faire, en images de synthèse comme en pré-calculé. N'empêche se trouve-t-il témoin d'une rafle de déportés de Cocoon pour qui l'avenir s'écrit déjà au passé. Menottés dans un train de la mort, des pères, mères et enfants qui n'attendent plus que Lightning et Sazh passent à l'action. Les soldats du PSICOM n'ont qu'à bien se tenir : aussitôt libérée, la belle héroïne les marave sans vergogne. Toute cette poésie pour vous dire qu'à l'instar de Final Fantasy VI en son temps, ce treizième opus devrait, entre un à deux exercices de style, glisser des références aux affres du vingtième siècle. L'intrigue promet de prendre d'autant plus de profondeur que les points de vue se mêlent : dans ce train funeste envoyé à vive allure, apparaissaient Snow et Vanille, eux aussi bien décidés à fissurer le casque des élites armées du PSICOM. La démo s'étale ainsi en deux parties continues où l'on dirige Lightning puis Snow. Les développeurs ont eu d'ailleurs l'habilité de monter des scènes qui se font écho : Lightning écrase la télécommande qui tient serrées les menottes lorsque Snow écrase du pied sa radio. Pas Che pour un sous ce Snow !


Cui cui, moi je les aime bien cuits

La noirceur de la zone réservée de Cocoon, cette zone pourrite en sous-sol où se mêlent bestioles volantes et pillages pseudo scientifiques, forge sans doute la ténacité des résistants mais pas forcément celle du joueur qui sera vite tenté d'attraper une corde, ou pire encore, de poser les yeux dans le bonnet de Lebreau, l'aguicheuse du clan que mène Snow (la caméra est ajustable à tout moment). Aussi faudra-t-il se tourner vers Sazh pour retrouver espoir, comme en témoigne le gamin échappé du train. Outre ses répliques soupes au lait et second degré, cet afro cache dans sa coupe Jackson 5 un bébé chocobo tordant d'empathie et dont la modélisation n'a (presque) rien à envier au sac à puces d'UP, le prochain Pixar. Ce Sazh a vraisemblablement coulé dans le moule d'Adelbert Steiner, aussi râleur que protecteur (bien que Lightning en vienne parfois à le rouer de coups), et promet d'être une bouffée d'air frais à lui tout seul, à l'heure où l'on amasse des révolutionnaires en short comme Snow ou encore des enfants un peu gauches comme Marki.


Mais cessons de faire les langues de vipère, il est encore trop tôt. Et puis chacun sait qu'un événement tragique suffira à mettre Snow dans nos coeurs. J'en veux pour preuve... cette démo justement. Attardons nous désormais au gameplay . Grâce à Fantasy-Source, vous avez pu prendre un peu d´avance. Par exemple, vous savez déjà que les ennemis s'affichent sur la carte et que les combats se déclenchent après une très courte transition. Mais ce qui nous échappait à l´époque, c'est que les cibles à éliminer arrivent souvent par salves, suivies de l'orchestre. Comprenez par là que beaucoup des combats qui nous ont été donnés de mener étaient précédés par une courte cut-scene où soldats de bas étage et molosses détonnant de réalisme jetaient des invectives plus ou moins intimidantes. De même, les allées éventrées d'Hanged Edge n'offrent que très rarement l'occasion d'éviter de faire encore plus de gueules cassées.
Pourtant, Motomu Toriyama voit davantage les combats comme quelque chose d´"exceptionnel". C'est du moins ce qu'inspire ce système où le joueur est amené à user d'adresse pour effectuer des chaines de combos spectaculaires mais aussi et surtout où les HP des héros sont automatiquement restaurés en cas de victoire. Autrement dit, chaque altercation est une nouvelle donne et il faudra un temps soit peu faire marcher ses méninges pour se tirer d'affaire tant l'accent promet d'être mis sur le timing plutôt que sur la capacité du joueur à aligner des potions. D'ailleurs dans cette démo, aucun objet ne pouvait être utilisé. Et les compagnons de Lightining comme de Snow étaient contrôlés par l'intelligence artificielle. Cette disposition n'est que temporaire, Toriyama l'avait indiqué à l'avance à la presse. Reste qu'après cette partie, nous gardons plein de questions en tête : entre autres, la cadence des combats nous paraît bien trop élevée pour que le joueur prenne du plaisir à dicter la conduite de chacun des membres de son régiment. Nous serions alors tentés de parier sur une forme d'auto-guidage où le joueur aura préalablement édité des règles, voire ses combos fétiches. Ces mécanismes seraient d'autant plus prometteurs que l´I.A a été particulièrement soignée et que les accrochages gagneront en explosivité et en profondeur plus le joueur progresse.


Du lourd

Et d´explosivité, Final Fantasy XIII n´en manquera pas. A chaque épisode, nous vous servons le même refrain : Square Enix n'a pas failli à la technique. Mais encore une fois, quand le travail est bien fait, nous aimons le souligner : la PlayStation 3 tient là son firmament. Les graphismes de cette treizième mouture ont gagné énormément en finesse depuis les premières bandes-annonces. Mention spéciale pour les ombres et les jeux de lumière : paradoxalement, Vanille sous sa camisole pétille. Snow aussi. Sur son bras se dessinent des ombres criantes de réalisme. Leurs visages sont expressifs, jamais trop pâles ou plastique brillants.
De même, on ne peut qu'applaudir la fluidité de l'ensemble. Les pirouettes de Lightning se réalisent sans à-coups, les sorts de feu se mêlent à la fumée qui s'échappe des fusils de Sazh, les automates volants vous stoppent en pleine course. Certes parfois on reconnaît aisément les scripts, comme dans un FPS gros calibre, mais dieu que la réalisation impressionne ! De même, certains pourront commencer à renâcler les cut-scenes, qui ont parfois tendance à pulluler (certaines mettent en relief les propos pas toujours aiguisés des soldats qu'ont va dézinguer le seconde suivante), mais croisons les doigts pour que Toriyama et son équipe aient été suffisamment fins pour noyer l´éventuelle linéarité du jeu par des changements soutenus de points de vue dans la narration. Et puis tout le monde sait qu'il est difficile de zigzaguer dans un souterrain, alors il est encore trop tôt pour crier au voleur.


Il reste à Final Fantasy XIII énormément à montrer. Que représente une heure d'un jeu qui en comptera au minimum soixante ? Pas grand chose mais cette démo brille par sa mise en scène cinématographique au poil, les poussées de bébé chocobo ou encore le relatif dynamisme des combats même si, force est d'avouer, que les combos et certains scènes pêchent déjà par leur légère monotonie. Toutefois, Square Enix est loin de nous avoir donné les clefs de son bout de paradis, désormais avancé à l'hiver 2009 au Japon.

La démo de Final Fantasy XIII est jouable sur une PS3 européenne. Textes et dialogues en japonais.

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Hwoaranga

postée le :
15.04.09
mise à jour :
15.04.09

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