Fantasy-Source.com > Article > Final Fantasy VII : Crisis Core - Crisis Core -FFVII- : Une Aventure En Demi-teinteZack n´a rien du blessé qu´on oublie au bord d´un lac de sang, le râle épais. Mort dans d´immenses efforts, le soldat de première classe s´est imprimé dans les mémoires des joueurs aussi bien que sur le bilan comptable de Square Enix. Crisis Core -Final Fantasy VII- se veut être le prologue à prescrire à tous les patients. Pas si patients. Tout fan attendait un remake ou au moins un spin-off brodant sur l´intrigue carrée de Final Fantasy VII. Nous voilà servis. Au point de rester cinq heures attablé. Une heure pour engloutir Advent Children, une autre pour avaler sans couac Dirge of Cerberus... Mais ce Crisis Core en vaut-il la chandelle ?
Empaillés les balais volants
Etouffé sous quatre matelas dans l´intrigue originale, Zack depuis respire. Le soldat réservé et de réserve aspire à devenir un héros, marcher sur les traces de Sephiroth, seul tourlourou à avoir gagné tous les respects. Zack, c´est aussi son seul ami. Aussi, on suivra caméra braquée le basculement de l´oppresseur au cheveu blanc et à la longue lame. Les raisons qui l´ont motivé à se retourner contre son employeur, la Shinra, et contre n´importe quelle autre âme éméchée. Notre héros, lui, y croit dur comme fer. La Shinra est implacable. Elle nettoie la ville de ses détracteurs, fournit les matières premières. En somme, elle lui donne la bectée. Impossible de faire sans.
Pourtant, au fil de ses altercations, Zack voit son sens de l´honneur mis à rude épreuve. Son mentor, Angeal, à vue de nez lui fait des crasses. Génésis perd la tête. Ses clones bancals assaillent Midgar. Entre deux vers du poème apocalyptique Loveless, ce précoce soubresaut sans grande folie dans le regard mènera la vie dure à Zack en s´alliant au docteur Hojo. L´intrigue alors s´étale. Le trio "première classe" Angeal, Génésis et Sephiroth y vont chacun de leur coup de théâtre. Une batterie de chercheurs les suit. Si bien que le traquenard se répète souvent deux à trois fois.
Le vrai vilain, on le connaît. Sephiroth. Celui qui a donné de l´idée à bien des forumers et poussé les amateurs au déguisement. Alors, on saluera vite dit l´initiative. Elle colle bien avec les événements de Final Fantasy VII et fournit pas mal de réponses. Puis, on ira voir ailleurs.
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Un brin terre à terre dans sa tête, Zack cherche à rendre sa paye plus rondelette. Aussi se lancera-t-il corps perdu dans pas moins de trois cents missions annexes. A corps perdu et à tête brûlée même. Ces rallonges n´ayant rien de trépidant. Suivre un couloir, se battre, progresser dans le niveau, faire un détour aussi voyant que les oreilles de Gainsbourg, et enfin identifier le monstre à éliminer. Inlassablement. Absolument toutes les missions reposent sur ce schéma. N´y voyez donc pas un moyen d´étoffer l´histoire. Mais plutôt une rachitique carotte pour faire du level up. Des heures et des heures... à charge alors au joueur de s´arrêter à temps pour reprendre la trame principale. A moins qu´il ne l´ait oubliée...
Une grande part d´aléatoire
Ceci dit, le système de combats a un bon fond. A cheval entre temps réel et tour par tour. Contraintes, ces joutes donnent davantage de libertés que dans l´épisode original. Bien que peu décidé à abîmer sa lame laissée pour héritage, Zack courra tout autour de l´ennemi pour lui affliger des coups critiques dans le dos ou encore effectuer une roulade de dernier instant pour esquiver un sort. Les échanges gagnent en dynamisme au point d´en devenir parfois déconcertants. Par exemple, les magies offensives n´ont plus d´emprise sur vous tant il est facile de presser la touche triangle pour sprinter et affliger un coup au lanceur avant même qu´il ait eu le temps de dire abracadabra.
Reste que les combats demeurent variés. Piqués dans la veine de Kingdom Hearts. Le joueur a tout le loisir d´établir sa stratégie préalablement, en équipant telle ou telle matéria. Ainsi, certains préféreront peut-être sauter puis retomber sur l´ennemi pour drainer des HP, plutôt que de jouer les casques durs en effectuant une attaque vrillée désamorçant les défenses adverses.
Par ailleurs, le joueur a la possibilité de fusionner les matérias gagnées. Des milliers de possibilités ont été calculées. Certaines étant plus importantes que d´autres : fusionner PV++ avec une autre matéria de soin et des élixirs pour atteindre enfin, à la fin du jeu, un bonus de 999%, vous conférant dans le meilleur des cas 99 999 HP. En sachant qu´un objet est nécessaire pour dépasser les 9 999 HP. Ce n´est pas un Final Fantasy pour rien !
De plus, les accrochages sont rythmés par une roulette où apparaissent les mimines des personnages que vous avez rencontrés. En obtenant trois figures identiques, vous déclenchez très souvent une limite ou l´ardeur d´une chimère. Au fil de l´aventure, Zack se gorgera d´émotions, ce qui aura pour influence de compléter l´OCN, une grille reflétant tous ses souvenirs. Et à chaque fois que cette grande loterie a lieu, des images de l´aventure défilent. Des inédites parfois, du déjà vu toujours. Alors autant vous dire qu´avant même de recommencer le jeu, vous connaîtrez par coeur l´intrigue.
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Une réalisation impeccable
Exit les premières heures de l´aventure ennuyeuses à mourir, l´intrigue tombe sous le sens au fur et à mesure qu´on se rapproche de la fin. De Final Fantasy VII en fait. Toutefois, le joueur se laissera prendre la main sans broncher tant la réalisation embrasse le firmament jamais atteint sur PSP. Quoiqu´un un peu tardive à se déclencher, les cinématiques émerveillent et on se trouve souvent à tenir sa console loin des yeux, tel un mini écran de cinéma portable. Les langues fourchues fulmineront les temps de chargement. Mais c´est faire preuve d´un hagard pointillisme : les combats se déroulent dans une grande fluidité en toutes circonstances, les prairies se dessinent assez loin dans l´horizon. Square Enix, encore une fois, fait des étincelles. On les connaît suffisamment bien pour ça.
Un qu´on connaît moins par contre, c´est le compositeur. Takeharu Ishimoto. La bande originale de Crisis Core ne brille pas d´or et d´argent. C´est le moins qu´on puisse dire. Si ce n´est "Why", une balade acoustique morose parfaitement dans le ton. Le répertoire de Nobuo Uematsu a été allégrement pillé pour redresser la barre. Et il faut bien avouer qu´accomplir une des 300 missions sur des compositions aussi redondantes relève parfois du masochisme.
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L´aventure de Crisis Core est, à plusieurs égards, accrocheuse. On ne boude pas son plaisir de revisiter le manoir de Nibelheim, avec les yeux de Zack. Une multitude de références à Final Fantasy VII sont égrenées, gardant le fan en haleine. A fortiori en fin de parcours. Reste que la deuxième moitié du jeu fait l´effet d´une coquille vide. Le contenu n´étant que très mal réparti, on se retrouve à enchaîner les missions en vrai nerd, absorbé par les facultés que le héros pourra enfin décupler. Trouver la matéria, la fusionner avec une autre. Et recommencer. C´est à se déconnecter complètement de la trame principale. Et c´est bien là le principal défaut du jeu.