Fantasy-Source.com > Article > Final Fantasy XI - Final Fantasy XI : Music From The Other Side Of Vana’dielFlip flap, clap ! Quand trois compositeurs de Square Enix s’entendent pour réaliser un album constitué d’arrangements des morceaux marquants de Final Fantasy XI, il résulte Music from the Other Side of Vana’diel, un concentré plutôt explosif. Kumi Tanioka, Naoshi Mizuta et Masato Koda libèrent au sein du groupe The Stars Onions, formé à l’occasion de la Chains of Promathia Special Night le 11 septembre 2004, un camaïeu aux couleurs dans l’ensemble apaisantes mariant la technique conventionnelle de composition de musiques de jeu de rôle à des accords empruntés au jazz. Premier jet d’un trio -nous l’espérons- fait pour durer.
Final Fantasy XI – Music from the Other Side of Vana’diel débute sur les chapeaux de roues ! Vana’diel March émeut par sa simplicité et sa trame un rien sophistiquée qui économise les notes pour ne conserver qu’un concis droit au but. En une poignée de notes envolées, ce morceau prend son éveil pour progressivement introduire un air plus enjoué symbolisant la construction de Vana’diel. Une volonté cotonneuse qui pousse les Hume, Tarutaru, Galkas, Mithras et Elvaan à marcher ensemble. Le rythme, sensiblement plus virevoltant que l’original, illustre cette union en reposant sur un système d’écho : une suite de notes est reprise de manière moins appuyée. Kumi Tanioka termine en apocopant le Prelude de Final Fantasy XI. Une totale réussite !
Seulement, Metalworks lui emboîte le pas maladroitement. On se casse les dents sur un air prétentieux et simpliste. Le morceau s’éternise sur plus de six minutes trente en répétant deux à trois motifs. Kumi Tanioka entend là marquer la monotonie du travail des Galkas dans les mines mais échoue en s’enlisant dans un arrangement un iota plus dynamique mais qui manque profondément d’ambitions. On saluera tout de même le saxophoniste Osamu Koik qui donne du charme à cette farce bien fade grâce à ses techniques d’interprétation empruntées au jazz.
A charge alors à Rolanberry Fields de rattraper le coup. Ce qu’il réussit avec brio. Naoshi Mizuta cerne avec une grande précision l’atmosphère qui règne dans ses plaines verdoyantes où rodent des gobelins et des Malboro. Le saxophone met justement en relief cet exotisme et joue en parfaite adéquation avec le piano. La trame essentiellement composée de percussions donne de la prestance à l’ensemble et suggère les coupes de bois fréquentes dans cette région voisine de Jeuno.
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| Les forces de Vana’diel, Grand Duchy of Jeuno | Metalworks (Bastok) | Rolanberry Fields |
Kazham donne de l’écho à ce franc coup d’éclat avec un arrangement mettant encore une fois le saxophone à l’honneur. L’air joué par cet instrument donne au morceau son charme et son zèle. Tsuyoshi Sekito et sa guitare électrique donnent du relief, en s’appuyant sur les accords originaux d’un des thèmes les plus appréciés de la bande originale de Rise of Zilart. Ainsi, le morceau garde tout son panache même si on regrette que les percussions ou les instruments à vent exotiques aient été un peu étouffés. Il aurait gagné en crédibilité pour bercer une jungle luxuriante peuplée de Mandragoras.
Avec The Forgotten City – Tavnazian Safehold, Kumi Tanioka signe un émouvant solo de piano. Un pied nez presque au travail réalisé par Joe Hisaishi sur le Voyage de Chihiro. Ce morceau attise toute notre curiosité et se gorge de mystères à l’image de la ville forteresse abandonnée qu’il dépeint. Son certain lyrisme nous émeut et son regain de notes, en opposition avec des passages volontairement plus démunis, suggère l’arrachement, comme l’oubli de cette ville en ruine. Tanioka redonne vie à une des meilleures compositions de Mizuta.
Mog House quant à elle piétine, la première minute, sur une musique peu sophistiquée mais bien pensée de Mizuta. L’arrangement produit au début des distorsions à cause de sa trop grande complexité pour un morceau qui doit exprimer la quiétude d’un endroit coupé du bruit de la rue, d’une maison aménageable par le joueur. Tanioka opte ensuite pour un revirement sur des airs pop traduisant le départ et la soif de découverte. Une excellente initiative qui donne du tonus qui tend parfois à se morfondre dans la répétitivité. On regrette néanmoins que le mouvement n’ait pas été repris, il perd ainsi en crédibilité. Ce morceau fait l’effet d’un soufflé qui tombe à plat pas mal en avance. On perd nos repères et en résulte une piste contrastée qui ne manque néanmoins pas de charme.
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| Kazham, juste devant les champs de bataille | Tavnazian Safehold | Mog House |
The Sanctuary of Zi’tah s’avère énergique grâce à ses accords empruntés à la pop et au jazz. Il constitue une habile démonstration de ce que l’arrangement se doit de remplir comme objectif premier : redonner souffle à un morceau un iota dépassé. Masato Koda prit de la distance par rapport à l’œuvre originale (flûte de pan et guitare acoustique entre autres) et à ses coéquipiers : Kumi Tanioka et Naoshi Mizuta. Il lui donne une seconde dimension en la rendant digne des productions actuelles de la scène mondiale. Cet arrangement brise le certain conformisme de la composition de musiques de jeu vidéo en la rendant aussi appréciable pour une personne n’ayant pas suivi Final Fantasy XI. Les harmoniques collent à merveille, les instruments se répondent formidablement. Sans doute le morceau le plus percutant de cet album.
Awakening se met au défi de redonner saveur à une des pistes emblématiques de Final Fantasy XI. Ce qui n’a pas toujours été du goût des joueurs qui considéraient que cette hymne sauvage n’irait pas de pair avec le reste de la tracklist qui s’inscrit dans un mouvement placide. Néanmoins, Kumi Tanioka tranche en signant un arrangement ébouriffant. Entraînant, varié ou encore mystique, il dépasse la barre déjà placée haute par l’original. Il mérite d’être sacré meilleure piste de ce disque pour son audace.
Selbina replonge Final Fantasy XI – Music from the Other Side of Vana’diel dans une atmosphère de plénitude. Trop même. Il se contente d’une médiocre répétition de motifs à base de piano et de guitare qui lasse au bout de cinq minutes et pêche surtout par son manque d’ambition. Il réussit tout juste la transition avec Blessed in her glorious light –The Grand Duchy of Jeuno-.
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| Hall of Gods, Sanctuary of Zi’tah | Selbina | Dôme de Jeuno |
Cette dernière piste étonne dans la mesure où Tanioka, Mizuta et Koda se sont entendus pour composer une chanson empruntée au jazz, avec la voix de Aundrea Hopkins. La mélodie du thème original à cheval sur les ères classique et baroque de Mizuta a été globalement reprise avec des instruments bien plus modernes que le clavecin, notes de piano et de synthétiseur marquantes à l’appui. Une agréable surprise notamment soutenue par la performance de Hopkins.
The Star Onions ont réussi dans la majeure partie des cas à donner un second souffle aux morceaux emblématiques de la bande originale de Final Fantasy XI. C’est particulièrement exquis de voir briller de sacrés spécimens en dehors de leur berceau tels que The Sanctuary of Zi’tah, Blessed in her glorious light –The Grand Duchy of Jeuno- ou encore Awakening. Tanioka, Mizuta, Koda devrait néanmoins veiller à ce que de fades compositions telles que Selbina et Metalworks ne leur plombent pas les ailes. L’album frôle ainsi le remarquable.