Final Fantasy VII : Last Order - Final Fantasy VII : Last Order, Justifie-t-il Son Existence
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FFVII : Last Order, justifie-t-il son existence ?

Présenté comme un bonus faisant partie intégrante de l’édition luxueuse Final Fantasy VII : Advent Children Advent Pieces, le court-métrage Last Order se met au défi de brosser le génocide de Nibelheim et ses tabous en vingt-cinq minutes. Aussi, le studio Mad House doit se montrer prudent pour ne pas trahir l’authenticité des faits relatés dans Final Fantasy VII, sans pour autant tomber dans le piège de la pâle copie. C’est sur ce terrain balisé que Last Order s’aventure en tentant de justifier son existence.

Mad House : folie rime avec exquis après tout

Square Enix économisant pour avaler les sociétés concurrentes, pas question de confier ce court-métrage à des stagiaires (comme ce fut le cas pour Devil May Cry 2). C’est ainsi que l’éditeur nippon se tourna vers Mad House, un studio regroupant les élites parmi les élites implanté dans le quartier Suginami-ku de Tokyo. Celui-ci fut créé en 1972 lorsque Osamu Tezuka quitta les productions Mushi. Depuis, il réalisa avec son équipe Metropolis, Perfect Blue, Tokyo Babylon, Cardcaptor Sakura, Chobits… Autrement dit, leur réputation n’a que peu souffert. Et à la barre de Last Order, on retrouve sans réelle surprise les éclectiques :

  • Morio ASAKA – Direction et Storyboard : Cardcaptor Sakura, Chobits, Gunslinger Girl
  • Kazuhiko INUKAI – Screenplay
  • Hisashi ABE – Character design : Chobits, Gunslinger Girl, Metropolis
  • Hidetoshi KANEKO – Direction artistique : Kiki, Mon voisin Totoro
  • Fumie MUROI – Directeur animation : Gunslinger Girl, Ranma ½, Kenshin, You’re Under Arrest
  • Katsuya YAMADA – Directeur animation : Metropolis, Vampire Hunder D
  • Kunio KATSUKI – Direction animation : Getbackers, Gunslinger Girl
  • Yuriko KADOMOTO – Couleur : Cardcaptor Sakura, Perfect Blue, Vampire Hunter D
  • Takeharu ISHIMOTO – Compositeur : Before Crisis –Final Fantasy VII-, Kingdom Hearts II
  • Shizuo KURAHASHI – Effets sonores : GTO, Wolf’s Rain, El Hazard

Le désormais indispensable bullet time renforce les capacités surhumaines de l’échantillon Zack Mais pourquoi un tel titre ? Si le menton en angle droit scie Zack et Cloud, on reste perplexe quant au résultat obtenu sur Tifa. Trop masculin.

Par ailleurs, Square Enix a gardé l’œil ouvert sur le déroulement de la production en demandant à Tetsuya Nomura de remplir le rôle de directeur adjoint (outre le fait de donner des indications sur le scénario) et à Shinji Hashimoto et Yoshinori Kitase celui de producteur exécutif. Notons aussi que les doubleurs ont été recrutés par Square Enix. Par souci de concordance, ce sont les mêmes qui se sont chargés de Final Fantasy VII : Advent Children, à savoir :

  • Kenichi Suzumura : Zack
  • Takahiro Sakurai : Cloud Strife
  • Toshiyuki Morikawa : Sephiroth
  • Ayumi Ito : Tifa Lockhart
  • Hiroshi Fujioka : Zangan
  • Junichi Suwabe : Tseng
  • Nachi Nozawa : Hojo


C’est un vrai plaisir de rentrer tout de suite dans la peau des personnages après avoir vu Advent Children. Et malgré le fait que Last Order explicite un drame qui s’est déroulé cinq ans avant Final Fantasy VII, les héros n’ont pas mué entre-temps. Aucune raison de ne pas rentrer dans le vif de l’action donc !

L’affaire de Nibelheim réinjectée (spoilers)

Last Order relate les tragiques événements perpétrés cinq ans auparavant à Nibelheim, village natal de Cloud et Tifa. Sans s’offrir de réelles libertés, l’action repose donc sur la mission d’investigation confiée aux soldats de première classe Zack et Sephiroth, accompagnés de deux SOLDIERS de second rang (dont Cloud fait partie après les chambardements psychologiques qu’ont provoqué les expérimentations du professeur Hojo). A son arrivée au village (situé aux alentours de Midgar), Cloud cachera son identité à Tifa par honte (il lui avait promis de devenir soldat de première classe, au même titre que son idole Sephiroth). Tifa, connaissant bien les lieux, emmènera Zack et Sephiroth jusqu’au Mt Nibel. C’est ainsi qu’ils découvriront Jenova et les corps des expériences humaines manqués, emprisonnés dans des capsules. Toute l’horreur des actions de Hojo saute aux yeux de Sephiroth (le professeur Gast avait abandonné le projet quand Hojo décida de modifier le code génétique humain en opérant des implantations de cellules de Jenova (préalablement trouvé par Gast lorsqu’il entreprenait des fouilles archéologiques Mt Nibel)). Il décide alors de fouiller de fond en comble le manoir de Nibelheim, véritable complexe de recherche scientifique de la Shinra. Il découvrit alors les notes de recherches du professeur Gast au sous-sol, lui révélant qu’il descend de Jenova.

Sephiroth, dans la bibliothèque du manoir de Nibelheim (sous-sol). Flash-back sur le génocide de Nibelheim (Yuffie n’est là qu’à titre d’interlocuteur). Sephiroth meurt devant celle qui lui a donné vie.

En fait, Sephiroth est né de la relation entre la chercheuse Lucretia (dont Vincent était fou amoureux (ils travaillaient ensemble, Vincent étant le Turk gardant un œil ouvert sur les recherches scientifiques de la Shinra), mais sa demande fut rejetée) et Hojo. Seulement, Hojo décide d’injecter des cellules de Jenova à Lucretia pendant sa grossesse et par conséquent à son futur enfant. Lucretia tombe alors farouchement malade mais arrivera à donner naissance à Sephiroth. Prenant connaissance de la tournure des événements, le sang de Vincent ne fait qu’un tour. Il s’en prend à Hojo qui arrivera à le neutraliser et s’en servira par la suite comme cobaye. Vincent se réveille alors d’un cauchemar, il découvre les effroyables modifications qu’a effectuées Hojo sur son corps. Il tombe alors dans le "coma" pendant trente ans (peu probable qu’il ait souhaité délibérément dormir si longtemps pour oublier ce qui lui est arrivé). Pendant ce temps, Lucretia vie en autarcie dans une grotte proche d’une cascade au nord (à l’image de la déesse Amaterasu (légende japonaise)).
L’expérience ayant réussi, Sephiroth gravit un à un les échelons à l’aide de sa nouvelle force, celle des Cetras, une civilisation étrangère qui s’installa sur Terre et qui s’avérait bien plus évoluée que la race humaine (elle sera par ailleurs terrassée à l’arrivée au cratère nord de la Calamité venant des Cieux, Jenova, un agent mutagène qui fit périr toute la population des Cetras). Ainsi le contexte est dressé, revenons au cœur du massacre de Nibelheim.

Dans Last Order et dans le jeu, Sephiroth remonte donc jusqu’au réacteur Mako du Mt Nibel pour "sauver" sa demi-mère Jénova. Il croit que les humains sont responsables de la disparition des Cetras, ce qui est absurde puisque c’est les cellules de celle qui lui a donné la vie qui a contaminé ce peuple. Dans cette optique, il met le feu aux habitations et tranche sans distinction. C’est à cette occasion qu’on voit Tifa venir en aide à son maître Zangan ; alors que dans le jeu, c’est Cloud qui tient sa mère mourante. Dans tous les cas, Tifa et Zack ont bien compris qu’il fallait arrêter cette machine à tuer nouvellement créée à la suite des effroyables vérités apprises. Tifa n’écoute pas les conseils de son maître et cours en direction du réacteur Mako où elle découvre en chemin son père gisant. Sephiroth n’a épargné personne. Tifa ne peut canaliser sa détresse et attaque sans surprise Sephiroth qui la repousse sans mal. Le combat suivant avec Zack sera alors plus long et il s’agit de l’une des rares scènes inédites de Last Order (les autres ayant été évoquées mot à mot dans le jeu). Il arrive à le blesser sans prendre le dessus. Et c’est lorsque Sephiroth s’apprête à libérer Jénova de sa prison de verre que Cloud le plante dans le dos à l’aide de l’épée de Zack. Violemment blessé, Sephiroth décide de n’emporter que la tête de Jénova. Il retourne alors vers Cloud pour à son tour le transpercer de sa lame (Cloud ayant baissé sa garde, il est venu au secour de Tifa et a ainsi tenu sa promesse). Mais Cloud s’appuie dans un dernier élan de la massamune (épée légendaire de Sephiroth) pour pousser Sephiroth au fond du réacteur, le noyant donc dans la Rivière de la Vie (le jeu approfondit par la suite cette scène).
A la fin de ce combat, Cloud ne peut plus se relever, de même que ses amis Zack et Tifa. La batterie scientifique de la Shinra (chaperonnée par Hojo), accompagnée des Turks, se rend sur les lieux pour réaliser un véritable inventaire. Zack et Cloud seront transférés au centre de recherches du manoir de Nibelheim où ils serviront de cobaye à un Hojo croyant que Sephiroth est mort.

Zack et Cloud tentent de s’enfuir du manoir de Nibelheim. Cloud sortant d’une expérience, il est profondément touché psychologiquement et physiquement. Zack et Cloud en route pour Midgar.

C’est ainsi que débute Last Order, le flash-back de Nibelheim venant après. Sur la fuite de Zack et Cloud du manoir de Nibelheim. Ces deux cobayes souhaitent rejoindre Midgar et c’est alors que la Shinra enverra des troupes de SOLDIERS de second rang pour les intercepter ainsi que les Turks -d’ailleurs, ces deux unités n’arrivent pas à coordonner leurs efforts. Chacun en fait à sa tête. Les Turks ne serait pas toujours d’avis à écouter les ordres de la Shinra même si leur fonction les oblige-. S’ensuit donc des combats les alentours de Nibelheim (l’endroit précis reste à démontrer, les infrastructures entourant l’aire de combat étant difficilement identifiables dans la nuit) : l’un dans la forêt qui borde Nibelheim, l’autre dans la périphérie de Midgar. Seulement, les militaires ne sont pas aptes à neutraliser Zack, du fait qu’il ait reçu des cellules des Cetras, peuple bien plus avancé. Faut dire aussi qu’ils n’étaient pas vraiment prêts, leur supérieure étant obligé de leur dire d’utiliser des armes au corps pour un tel combat.
Quoi qu’il en soit, Zack se débarrasse avec style de ces deux vagues d’offenseurs, tout en protégeant Cloud (il plantera seulement sa lame devant son corps, ce qui permettra de faire riposter les balles et les militaires n’arriveront pas à la retirer). Il arrive même à se procurer une moto. Zack et Cloud se dirigent alors vers le tunnel en direction Midgar (celui repris pour une poursuite dans Final Fantasy VII : Advent Children). Manque de pot, leur moto manque d’essence. Ils sont alors obligés de faire du stop : un pickup les prend sur le bord de la route. Alors qu’ils commencent à tirer des plans sur la comète, les Turks les ont pisté en hélicoptère et s’apprêtent à faire feu… Fin de Last Order.

Ce plan est marquant. La caméra tourne à 360°. Rarement la 3D n’a été aussi bien utilisée dans un anime. La gestion des ombres est là aussi parfaitement quadrillée. Goodbye Zack...

Techniquement bien fichu

Bien que les musiques n’aient pas été extraites de l’œuvre originale (Nobuo Uematsu ayant gardé l’exclusivité pour Advent Children, laissant Mad House se dépatouiller), Last Order arrive aisément à tenir en haleine le spectateur.
A commencer par le character design confié à Hisashi Abe. Il a su donner de son style artistique sans pour autant dénaturer le travail original de Tetsuya Nomura. On imagine que les négociations ont dû être douloureuses mais nécessaires entre les deux artistes. Quoi qu’il en soit le rendu final impressionne alors qu’on pouvait craindre le pire tant le parti semblait osé. Chacun des personnages n’a pas perdu de son charisme même si on regrettera que les expressions faciales de Sephiroth le trahissent parfois. Notamment lorsqu’il s’empare de la tête de Jénova : on le croit fou ainsi alors que la vérité est toute autre. Sinon Zack a particulièrement brillé, alors qu’il ne faisait que hanter Advent Children.
On remarquera aussi le souci du détail qui a forgea la réputation du studio Mad House. On aurait pu pourtant croire que les décors n’auraient pas été travaillés du fait que l’action se déroule principalement et volontairement de nuit. Mais là encore, ça aurait été se mettre le doigt dans l’œil. Puisqu’à chaque coup de feu, on aperçoit le bas d’une infrastructure parfaitement conçue.
Ce soucis est d’autant plus mis en avant par un véritable talent pour la colorisation. Les ombres bénéficient notamment d’un sens de la mesure exquis et les éclairages ont été particulièrement bien retranscrits, même si dictés par l’œuvre originale. Par exemple, le vert qui émane de la Rivière de la Vie et le rouge de la porte menant à Jenova s’opposent et rehaussent le ton des personnages grisailles.

Cloud n’a pas trahit sa promesse fait à Tifa. L’occasion d’apprécier une fois de plus son visage. Cloud, toujours casqué. Remarquez la qualité de la colorisation. Les Turks gardent quant à eux le même look adopté dans Before Crisis. C’est toujours Mad House qui régale.

Et gardons le meilleur pour la fin : l’animation. Faut dire ce qui est, elle est extrêmement fluide. C’est d’autant plus un avantage non négligeable pour un court-métrage où les poursuites et combats sont légions. Mad House a bien visé le point qu’il fallait particulièrement travailler et c’est gagné.

Si techniquement Last Order –Final Fantasy VII- impressionne, nous sommes toutefois en droit de nous demander pourquoi Square Enix a commandé la production d’un tel anime. Certes, il redonne vie aux scènes magistrales de Final Fantasys VII, mais sans prendre la peine d’en dévoiler plus. On aurait aimé vivre le rapport de force entre Vincent et Hojo, les relations avec Lucretia ou encore les recherches archéologiques menées par Gast. Rien de cela n’est évoqué. A dire vrai, Last Order, ce n’est que du fard pour les yeux des fans qui connaissent déjà l’histoire et une œuvre invraisemblable pour les autres.

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postée le :
11.02.06
mise à jour :
11.02.06

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