Fantasy-Source.com > Article > Itadaki Street Special - Itadaki Street Special : Préférez L’oie Au PouletAvé pas toutes mes dents quand le premier Itadaki Street s’afficha sur Famicom. Désormais, la famille compte pas moins de quatre rejetons et déclenche des prouesses commerciales avec 120 000 exemplaires écoulés au Jour-J. Mais que cache ce party-game de si "special" ? Serait-ce le fait qu’il ne soit pas l’un de ceux qui voilent leur laideur sous le charme d’une licence des plus juteuses… ? Mystère et chewing-gum.
Dragon Quest et Final Fantasy servis sur un plateau
Quoi de plus belliqueux ! Dragon Quest & Final Fantasy in Itadaki Street Special reprend l’univers de Dragon Quest et de Final Fantasy. Toutefois, la mention "in Itadaki Street Special" poursuit le vice. Celui d’harmoniser les formes des deux séries cultes pour qu’elles respectent le patron d’un jeu de plateau. Et force est de constater que sur ce point, Square Enix s’en sort haut la main ! On nous épargne un découpage malhabile ou spécieux triturant les atouts des deux mythes. Au contraire, ces derniers ont été empaquetés avec soin et on retrouve avec joie un charme indéniable qui s’affiche sur la mine d’une trentaine de personnages sélectionnables, colorise les plateaux de jeu, donne un rythme aux musiques. Panorama des références qui sauront ravier les aficionados.
Tout d’abord, vous pourrez choisir entre 3 à 4 idoles de chaque jeu ; soit 3 pour Final Fantasy X-2 (Yuna, Rikku et Paine), 4 pour Final Fantasy VII (Clad, Tifa, Aerith, Sephiroth), 3 pour Dragon Quest VIII (Jessica, Youngus, Kukul), etc. Tous répondent présent, relookés à la mode kid-SD, c´est-à-dire un corps chétif pour une grosse tête avec en prime la revue des tracés pour qu’on devine une légère parodie (physionomie ou caractère). Nos mascottes sont en place mais qu’en est-il du décor ?
Les sets sont eux aussi en accord avec les lieux clés explorés au cours des jeux respectifs. Parmi eux, le casino et les palais pour Dragon Quest ; le Golden Saucer et les ruelles d’Alexandrie pour Final Fantasy. Tous fourmillent de pieds de nez : avec des personnages secondaires et/ou monstres en arrière-plan notamment. Le tout est enfin bercé par la musique.
Et non des moindres ! Les musiques clef de chaque jeu rejouent pour Itadaki ! Ainsi, on prend un malin plaisir à se plonger dans l’action, rien que pour se remémorer les travaux de Nobuo Uematsu et/ou de Koichi Sugiyama. Une réelle performance comparable à celle de Super Smash Bross Melee.
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| Et vous êtes loin d’avoir tout vu ! | Vivi saurait retrouver la route qui mène au théâtre. | Un décor tout droit tiré de Dragon Quest VI. |
Toutefois, Itadaki Street Special ne repose pas seulement sur des acquis à l’avance. Il puise sa force en instaurant un concept de jeu festif et additif proche du Monopoly ou du jeu de l’oie.
Il est où Dédé ?!
Comme tout party game ou jeu de société qui se respecte, Itadaki Street Special requiert des cthites facultés de stratège. Du moins, savoir qu’un dé possède six faces et que le joueur évolue en effectuant plusieurs fois le tour du plateau paraît indispensable. Puisque si le jeu peut se vanter de proposer les meilleures règles du genre (comparables à celles de Mario Party), il se construit sur des bases solides inévitables. Détaillons ce métabolisme avant d’évoquer quelques tactiques plus avancées.
A l’instar du Monopoly, l’achat de quartiers et de maisons reviendra fréquemment sur le tapis. Pour financer ces investissements, vous devrez passer par les cases "coeur", "carreau", "trèfle" et "pique" à chaque tour. Ainsi, la banque vous remettra une belle somme d’argent en échange. La partie s’achève lorsque le joueur a amassé entre 12 à 20 000 Gold (suivant le plateau).
Toutefois, le vice de l’investissement est poussé bien plus loin que son illustre modèle. Il ne suffira pas en effet de construire des hôtels rue de la Paix mais de mener une fervente politique d’aménagement du territoire. Comprenez par là qu’en investissant dans un quartier, vous influerez sur le prix d’achat/vente d’une propriété ou du loyer. La tactique consiste alors à miser sur le quartier le plus propice aux passages de vos adversaires pour faire augmenter les prix et, une fois toutes les propriétés achetées, les revendre à prix d’or. Vous imposez ainsi vos règles du jeu et vos compagnons de jeu n’ont plus que les yeux pour pleurer.
Malheureusement, les affaires ne montent pas en neige si facilement. Chaque joueur peut adopter cette stratégie et ce sera alors à vous de tirer maximum parti des cases bonus pour tirer votre épingle du jeu. Les 4 cases symboles vous permettront par exemple de rejouer, les cases "chance" de retirer une carte dans une grille 10X10 (pied de nez aux deux séries cultes en prime (voir photo)). Ces cartes peuvent être par la suite placées de sorte à créer une ligne verticale, horizontale ou une diagonale à la manière d’un morpion ou d’un Puissance 4. Vous trouvez également sur votre route des téléporteurs pour parcourir plus rapidement le plateau de jeu et enfin des cases "auberge" donnant un avantage certain à votre adversaire : il ne paiera pas le loyer de vos propriétés durant votre période de séjour. A éviter donc si vous souhaitez maximiser vos chances de revenu.
Toutefois, Dragon Quest & Final Fantasy in Itadaki Street Special ne s’arrête pas en si bon chemin. Les cases spéciales ne sont en effet pas votre seul recours pour décrocher l’or. Vous aurez également le loisir de jouer au casino (référence à Dragon Quest). Ce loisir sera d’ailleurs pas de tout repos tant vos résultats à la course de chocobos, à la roulette ou à la loterie influenceront sur le déroulement de la partie, à défaut de vos conférer de nouveaux titres de créance.
Enfin, outre le parcours traditionnel du plateau de jeu, un mode baptisé Sphere Battle Mode viendra pigmenter un peu plus l’action (une fois débloqué) : à la place d’un dé, vous lancez une Sphere Dice dont chacune des facettes désigne un sort propre aux deux sagas. Par exemple, vous pourrez louer les services d’Odin pour réduire en charpie votre adversaire, prendre une longueur d’avance grâce au sort Hâte ou encore lancer la magie de feu Mera. Entre camarades de jeu, tous les coups sont permis !
On se lève tous pour Itadaki ?
Désormais que nous avons pris conscience que le jeu conjugue les charmes des deux perles Square Enix et les mécanismes d’un party game, il est temps de trancher ! Itadaki Street Special, une pâle copie du jeu de l’oie déguisée sous les coutures des deux séries phares du RPG ?
Certes, les licences juteuses de Dragon Quest et Final Fantasy confèrent à Itadaki Street Special la chance d’être promu au large public (notamment par un titre évocateur) et un fort intérêt de par les nombreuses références disséminées. Néanmoins, le jeu séduit par une pléiade d’atouts : un gameplay à la fois instinctif pour les amateurs et généreux pour les expérimentés, une durée de vie quasi-infinie (jusqu’à 6 heures pour terminer un tournoi de Sphere Battle). Cette force permet au titre de démontrer que sous un emballage alléchant, se cache des plaisirs succincts, une volonté à garder une identité et un intérêt propre. Les japonais ont d’ailleurs bien capté le message en accordant à Dragon Quest & Final Fantasy in Itadaki Street Special une place aux côtés de Dragon Quest VIII lors de sa sortie, le 22 Décembre dernier.
Plus qu’une adaptation spécieuse d’une licence à succès, Dragon Quest & Final Fantasy in Itadaki Street Special conjugue la volonté de partager la passion des fans en offrant des pieds de nez ingénieux et, surtout, la force de rayonner par des mécanismes de jeu à la fois additifs et inépuisables. Une agréable surprise à conseiller (menus compréhensibles même en japonais) tant elle constitue une excellente manière de poursuivre les fêtes (alcool et apéritifs vendus séparément), que vous soyez ou non un requin des finances.