Fantasy-Source.com > Article > Final Fantasy VII : Advent Children - On The Way To A Smile, Vol. 1Tetsuya Nomura (réalisateur de Final Fantasy VII : Advent Children entre autres) demanda à Kazuhige Nojima (scénariste attitré de la saga) d’œuvrer sur une nouvelle couvrant les deux années qui séparent l’intrigue de Final Fantasy VII et Final Fantasy VII : Advent Children. C’est ainsi que On the Way to a Smile pris forme. Au programme de ce premier chapitre, le passé tragique de Denzel.
Note : Cette traduction a été réalisée à partir de la version originale (japonaise) par Guillaume, pour Fantasy-Source uniquement !
A Midgar, il y avait deux paysages. C’était une ville en hauteur aménagée telle une terre d’acier, qu’on appelait « le plateau », car élevée depuis la surface de la terre par des supports. La confusion régnait dans la partie que le plateau isolait de la lumière du jour, mais c’était un bidonville plein de vie. Cette lumière prospère, et cette ombre qui faisait penser à un paysage lointain avaient été construits par une compagnie appelée la Shinra.
Il y a quatre ans, quand Lifestream est sorti de la terre, de nombreux habitants ont cru que Midgar était en train de s’effondrer. Plutôt que de s’enfuir en emportant ce qu’ils pouvaient, les gens ont préféré rester dans cette grande cité d’acier. Avec un tel courage, il était peut-être possible de rêver encore une fois à la prospérité. Puis, une ville appelée Edge fut construite, comme serrée contre Midgar. Le point de départ de la grande avenue d’Edge était la limite entre les quartiers 3 et 4 de Midgar, et se prolongeait tout droit vers l’Est. La ville s’étendit ensuite vers le Nord et le Sud autour de cette grande avenue. De loin, c’était une belle ville, mais presque tous les bâtiments avaient été construits avec des rebus issus des décharges de Midgar. La ville sentait le fer et la rouille.
Johnny tenait un café le long de la grande avenue. C’était une boutique dont les tables et les chaises avaient été posées sur un terrain vague, et qui proposait juste des plats simples. Le restaurant s’appelait « Johnny’s Heaven ». Ce nom avait été inspiré du café du quartier numéro 7 de Midgar qui s’appelait autrefois « Seven’s Heaven ». Johnny avait été amoureux de la serveuse, Tifa. Cela faisait plusieurs mois que la boutique avait disparu, lors de l’effondrement du quartier 7, et Tifa avait construit un nouveau Seven’s Heaven a Edge. En ce temps-là, Johnny, qui fréquentait des gens un peu perdus dans la vie, avait été impressionné par la force de Tifa dans sa façon de vivre. Cet amour malheureux d’autrefois était devenu pour lui un maître qu’il respectait quoi qu’il arrive. Moi aussi, je veux vivre comme Tifa. Mais comment ? J’ai compris que je voulais ouvrir un restaurant. Donnons de l’espoir à tous ces types qui ne savent pas quoi faire de leur vie ! Voilà comment était né Johnny’s Heaven. Les gens qui y venaient entendirent maintes fois l’histoire de « la métamorphose de Johnny ».
Les personnes qui voulaient voir Tifa se rendirent donc au nouveau Seven’s Heaven et devinrent des habitués. Sans même le savoir, Johnny continuait à raconter l’histoire de son amour dès que quelqu’un se montrait.
![]() |
![]() |
![]() |
| La ville d´Edge et ses habitants. | ||
Un jour, un client vint. C’était encore un enfant. C’est rare qu’un enfant vienne seul ici. Eh, ce ne serait pas Denzel ? Denzel était un garçon spécial pour Johnny. Il faisait partie de la famille de Tifa, l’élue de son coeur. Je vais lui servir tout ce dont il a envie ! « Bienvenue Denzel ! »
Johnny baissa profondément la tête. Cependant, Denzel le regarda juste un instant et alla s’asseoir à la table la plus éloignée.
« Viens plus près ! »
« Non ! J’ai rendez-vous avec quelqu’un. »
Un rendez-vous ? Alors que ce n’est encore qu’un enfant ? Tant pis. Je me contenterai de le surveiller. Ça fait partie du service. Lui, il est particulier.
« Alors c’est un rendez-vous galant ? Bonne chance ! »
« Un café. »
Il m’ignore. C’est qu’il doit être gêné.
« Si tu veux que je te donne des sujets de conversation, appelle-moi. Je t’apprendrai des blagues. Maintenant si ça te tente... »
Denzel se leva d’un coup. Il s’est fâché ? Johnny regardait Denzel, mais le garçon était tourné vers l’entrée du café.
Un homme vêtu d’un costume discret se tenait là. « Bienvenue... », lança Johnny alors que l’homme ne le regardait pas. C’était Reeve, un ancien cadre de la Shinra. C’était la première fois qu’il voyait cet homme de si près, cet homme qui dirigeait maintenant le WRO. Il avait la réputation de dégager l’odeur pestilentielle de la mort. Pourquoi est-il venu dans ma boutique ?
Comme par habitude, il parcourut du regard les alentours, tel un garde, et alla s’asseoir à la table de Denzel. Johnny compris tout de suite.
C’est le recrutement du WRO.
Reeve a l’intention de prendre Denzel dans l’armée. Il faut absolument l’arrêter. Je ne pourrai plus jamais me montrer à Tifa si ce genre de chose se décide dans mon restaurant.
Il fixa Reeve en refoulant ses pulsions et se montra avec un visage détendu.
« Un café. », dit Reeve avec fierté.
« Très bien. », répondit Johnny en se mettant au garde-à-vous, puis retourna au comptoir en courant à petits pas. Il est redoutable.
Denzel, surpris que le chef du WRO en personne vienne pour lui faire passer l’entretien, n’avait même pas réussi à dire bonjour et se tenait encore droit comme un pic.
« Assieds-toi. »
Il revint alors à lui et se précipita de s’asseoir.
« Alors, Denzel. Comme je n’ai pas beaucoup de temps, entrons tout de suite dans le vif du sujet. », commença Reeve calmement.
« Je te préviens, les temps ont changé. Maintenant, nous n’acceptons plus systématiquement tous les candidats. Si tu veux devenir volontaire pour la reconstruction, contacte le chef de ton quartier. Le WRO, à présent, c’est l’armée. »
« D’accord, le danger ne me fait pas peur. »
« Pas peur... très bien. Tout d’abord, donne-moi ton expérience. »
« Mon expérience ? Mais j’ai que... euh... je n’ai que 10 ans... »
« Je sais. Mais tu as bien de l’expérience en tant qu’enfant de 10 ans, n’est-ce pas ? »
![]() |
| Tifa, au bar le Septième Ciel. Ou plutôt le Strife Delivery Service... |
Denzel était le fils unique d’Abel, employé modèle du troisième service de la Shinra, et de Chloé, une femme très sociable douée pour tenir son foyer. Ils habitaient tous les trois dans la zone des logements de fonction de la Shinra, sur le plateau du quartier numéro 7 de Midgar. Abel, qui avait grandi dans une pauvre campagne, était très heureux de vivre avec sa famille dans les hauts quartiers de Midgar. Cependant, comme il pensait qu’il était indispensable d’avoir de l’ambition dans la vie, il envisageait d’aller habiter dans la zone résidentielle pour cadres du quartier numéro 5. Quand Abel fut promu directeur, Denzel allait avoir 7 ans. Cela signifiait qu’il obtenait le droit d’aller habiter dans les logements du quartier numéro 5. Chloé et Denzel préparèrent donc une fête. Ils accueillirent Abel avec de délicieux plats et des décorations imaginées par l’enfant qu’était Denzel. Ce fut une excellente soirée. Denzel écoutait son père, d’humeur joviale, raconter sa vie en plaisantant.
« Denzel, tu as de la chance d’être né ici. Si tu avais habité dans les bidonvilles, tu aurais été obligé de manger des souris au lieu du poulet. »
« Il n’y a pas de poulet là-bas ? »
« Il y en a mais comme tout le monde est pauvre, impossible d’en acheter. Etant donné qu’il n’y a pas le choix, les gens attrapent des souris avec des lances. Les souris grises sales. »
« Ouah... ça a vraiment pas l’air bon. »
« Quel genre de goût cela peut-il avoir ? », dit Abel en faisant un clin d’oeil à Chloé. Elle demanda à Denzel, en montrant son assiette : « C’est comment ? ». Denzel, pas fier, regarda successivement le visage de ses parents et son plat. Son père, se retenant de rire, regardait par terre. Denzel se rappela alors l’expression favorite de sa mère. Une vie sans rire n’a pas de sens. Ils essaient encore tous les deux de m’avoir.
« De toute façon, je ne vous crois pas ! »
* * *
« Quels parents terribles. »
« C’est juste qu’ils aimaient les blagues. Et puis cela ne me dérangeait pas qu’ils se moquent de moi. »
« Je le dis juste comme ça, mais d’après ce que je sais, on ne mangeait pas de souris dans les bidonvilles. Parce que manger les souris qu’il y avait là-bas à l’époque... »
« Je le sais. Je le sais très bien. »
« Ah. S’est-il passé quelque chose ? »
« Mais c’est une longue histoire... »
* * *
Alors que Denzel était seul chez lui, le téléphone se mit à sonner. C’était Abel.
« Maman est là ? », demanda-t-il d’un ton énervé.
« Elle est sortie faire des courses. »
« Dis lui de me rappeler dès qu’elle rentrera... Non, c’est moi qui rappelle. »
Il comprit bien que son père avait un problème et commença à s’inquiéter. Comme il n’arrivait pas à penser à autre chose, il regarda la télévision en attendant le retour de sa mère. Ils montraient l’explosion du premier réacteur, organisée la veille par un groupe se faisant appeler Avalanche. C’est à cause de ça que Papa est occupé. Donc il est énervé. Ce n’est pas ma faute ou celle de Maman.
Au bout d’une heure, ce n’est pas sa mère, mais Abel lui-même qui rentra.
« Et ta mère ? »
« Elle n’est pas encore rentrée. »
« Je vais la chercher. »
![]() |
| Denzel, sous l´oeil protecteur de Marlene (cet enfant est atteint de Geostigma (au front)). |
Abel avait tout juste finit sa phrase qu’il sortit de la maison. Denzel se précipita à sa suite. Au quartier commerçant, ils tombèrent immédiatement sur Chloé. Elle semblait avoir une conversation agréable avec le boucher. Après avoir dit à Denzel de l’attendre, Abel s’approcha de la boucherie. Sans un mot, il attrapa le poignet de sa femme et revint, presque en la traînant. En entendant les cris de protestation de sa mère, Denzel sentit son coeur s’emballer.
« Lâche-moi ! Qu’est-ce que tu fais ? »
Abel, après avoir scruté les alentours, dit à voix basse : « Le quartier 7 va sauter. Il faut se dépêcher de se réfugier au quartier 5. Il y a un nouveau logement qui nous attend. »
« Une explosion ? »
« Les types qui ont fait exploser le premier réacteur ont l’intention de s’en prendre au quartier 7. »
Denzel observa le visage de ses parents. Ils n’avaient pas l’air de réprimer le moindre sourire.
« Vraiment ? », demanda-t-il en serrant de ses mains celles de ses parents.
« Oui, dépêchons-nous. »
Mais Denzel et sa mère ne bougeaient pas.
« Nous ne pouvons pas nous enfuir comme ça. Il faut prévenir nos voisins et nos amis. »
« Nous n’avons pas le temps, Chloé. En plus, cette information est top secrète. Bien que je sois directeur, j’ai enfreint la règle pour l’obtenir. »
Après un mouvement de la tête en signe de désapprobation, elle dit à Denzel : « Va avec ton père. Je vous rejoins tout de suite. Ça va aller. » Après lui avoir serré fortement la main, elle le laissa, et partit en courant.
« Hé ! ». Abel suivit sa femme pendant quelques pas avant de s’arrêter. Denzel, en voyant le visage de son père, eut soudain le coeur gros. Il aimerait courir après Maman, mais il doit s’occuper de moi.
« Denzel, allons au quartier 5. »
« Non ! Suivons Maman ! »
« Ça va aller pour Maman. Tu sais que tu peux me croire, hein ? »
A la limite entre les quartiers 7 et 6, un grand homme marchait en traînant une lourde valise.
Abel l’appela. L’homme, qui reconnut qui l’avait appelé, se précipita vers Abel et Denzel.
« Monsieur le directeur, vous étiez encore ici ? Les Turks se sont déjà mis au travail. Au moment où nous parlons, il finit d’amorcer la bombe. En fait, c’est quelqu’un que je connais qui s’est occupé des dispositifs au niveau du wagon. »
Depuis sa tendre enfance, Denzel, grâce à ce que lui avait raconté son père, connaissait bien l’organisation de la Shinra. Tous les sales boulots, ce sont les Turks qui les faisaient.
Les Turks ont disposé la bombe, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Les Turks collaborent-ils avec Avalanche ?
Denzel, la tête baissée, qui cherchait à comprendre le sens de cette conversation, sentit le regard de son père et leva la tête.
« Tu voudrais bien accompagner cet enfant jusqu’au quartier 5 ? Il ne fera pas de bêtises. », dit Abel tout en regardant son fils.
« Non ! », cria Denzel.
« Papa va aller chercher Maman. Toi, tu vas avec monsieur Arkham. »
« Je vais avec toi ! »
« C’est d’accord, Arkham ? »
« Bien sûr, monsieur le directeur. »
![]() |
![]() |
![]() |
| Explosion d´un réacteur Mako sous l´action résistante du groupe Avalanche (mené par Cloud). | ||
« C’est dans le quartier 5, au numéro 38 de la zone résidentielle. Voici la clé. Je la laisse à mon fils. »
Il sortit la clé de la poche intérieure de sa veste, et la donna de force à Denzel.
« Papa... »
« J’ai acheté une grande télé toute neuve. Regarde-la en nous attendant. »
Après avoir caressé la tête de Denzel, Abel le poussa doucement vers Arkham et partit en courant vers le quartier numéro 7. Arkham retint Denzel, qui commençait à flancher.
« Allons-y. Je suis Arkham. Ton père est mon supérieur. Enchanté. »
Denzel se tordit pour tenter de s’enfuir, mais Arkham l’arrêta.
« Je comprends ce que tu ressens. Mais je ne peux pas trahir ce que m’a demandé ton père. Alors allons au quartier 5. Après tu feras comme bon te semble. D’accord ? »
A l’intérieur de la maison, située dans une zone résidentielle où s’alignaient des habitations toutes semblables, se trouvait juste le carton de la grande télévision, rien d’autre. Arkham la sortit de sa boîte et brancha les câbles afin que l’image apparaisse.
Ils regardèrent tous les deux les informations. Les images de l’explosion du premier réacteur étaient encore diffusées. Denzel se demandait si Arkham allait enfin partir.
« J’ai faim. »
« OK, je vais aller t’acheter quelque chose. »
A ce moment-là, la maison tout entière se mit à trembler. Ils entendirent un bruit de détonation. Quand Arkham ouvrit la porte, il y eut comme des cris, poussés par les barres de métal qui frottaient les unes contre les autres.
« Attends ici. », dit Arkham en sortant. Alors que Denzel s’apprêtait à en faire autant, la voix dans la télévision dit : « Informations provisoires. ».
Des images du quartier qui s’effondrait furent diffusées. Il lui fallut un peu de temps pour réaliser qu’il se trouvait là quelques heures plus tôt. Puis changement de scène : « Voici l’état actuel du quartier numéro 7. », dit le présentateur. Il n’y avait plus rien. Le quartier numéro 7 avait disparu. Denzel se précipita dehors. C’était le chaos dans la ville. Il courait entre des gens qui s’enfuyaient dans tous les sens en criant « Le prochain c’est le quartier 5 ! ». Il courut comme jamais. A bout de souffle, il arriva à l’extrémité du quartier numéro 6. Des soldats construisaient des barrières de sécurité. Il s’en approcha rapidement pour observer le quartier numéro 7. C’était exactement comme s’il n’avait jamais existé. En concentrant son regard, il pouvait apercevoir au loin le quartier numéro 8. Il restait aussi une esquisse de la partie du plateau qui assurait la jonction entre les quartiers numéro 6 et 8.
« Hé, c’est dangereux. », dit un soldat.
« Où est ma maison ? », demanda Denzel en montrant le vide.
« Euh... c’est navrant en effet... », répondit le soldat d’une voix douce.
« Et mes parents ? », demanda-t-il à nouveau en désignant le néant qui correspondait à l’emplacement du quartier numéro 7.
« C’est l’oeuvre d’Avalanche. Ne l’oublie pas. Et venge-toi quand tu seras grand. », dit-il avec détermination.
« Allez. ». Le soldat dirigea Denzel vers le quartier numéro 6 et le poussa dans le dos. Denzel se mit à marcher, désemparé. Il entendait sans s’en rendre compte les voix des badauds et des réfugies autour de lui. Où se passera le prochain attentat ? Papa ! Est-ce que je suis en lieu sûr ici ? Maman ! Je ne le pardonnerai jamais à Avalanche ! Que fait la Shinra ? Papa ! Maman ! Où êtes-vous ?
Il n’arrivait pas à faire taire la voix de ce pauvre enfant. Lorsqu’il s’aperçut que c’était la sienne, il ne put plus marcher. Et il se mit à pleurer.
A suivre...