Fantasy-Source.com > Article > Final Fantasy VII : Advent Children - On The Way To A Smile Vol.4
On the Way to a Smile, vol. 4
C´est peu de choses. Pourtant Denzel se lève chaque matin pour reconstruire le quartier 7, anéanti par l´explosion du réacteur Mako. Dans ce dernier chapitre, arrivera-t-il à retrouver le goût à la vie après avoir perdu ses parents ?
Voir aussi : Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3
Note : Cette traduction a été réalisée à partir de la version originale (japonaise) par Guillaume, pour Fantasy-Source uniquement !
Les adultes étaient partis, mais il restait une dizaine d’enfants de la bande des chercheurs du quartier 7.
Ils savaient que la nouvelle ville, Edge, se développait avec vigueur. Ils savaient aussi que des établissements pour orphelins avaient été construits. Cependant, ils étaient utiles à l’édification de la ville, et vivaient sans rien demander aux adultes. Ils ne pensaient pas avoir une quelconque raison de quitter ce lieu. Ils considéraient également que se faire prendre sous la tutelle de quelqu’un n’était pas très « classe ». Mais sans se soucier de l’amour-propre de ces enfants, la construction de la ville avait atteint un niveau plus élevé. Les travaux étaient devenus le centre des opérations et nécessitaient l’utilisation de grosses machines, rapportées depuis plusieurs régions différentes. Alors que Denzel et les autres ne rapportaient que de petites armatures métalliques, une grande grue pouvait transporter des maisons entières. Ce fut d’abord un, puis deux membres de la bande des chercheurs qui laissèrent tomber. Un soir, Denzel compta ses camarades : il ne restait plus que six personnes, lui compris. Tout le monde avait faim. La dernière fille, elle aussi, dit qu’elle s’en allait pour Edge.
* * *
Denzel sourit.
« Qu’est-ce qui te prend ? », demanda Reeve, intrigué.
« Je n’aimais pas cette fille. Les garçons pensaient que les filles gênaient plus qu’autre chose, mais elle avait eu envie d’entrer dans le groupe. Et comme le travail était devenu difficile depuis que nous étions moins de dix... »
Reeve rit aussi.
« Mais maintenant, je comprends. A ce moment-là, comment dire... nous pouvions nous permettre de nous plaindre et de nous énerver même pour des choses bénignes. »
« Vous devriez lui témoigner votre gratitude. »
« Elle est morte, déjà... »
* * *
Quand il se réveilla, il se rendit compte que la bande des chercheurs ne comptait plus que lui et un jeune garçon nommé Rick.
« Il nous reste plus que les vis et les ampoules, alors. », dit Denzel en riant.
« On pourra pas en tirer grand chose. », répondit Rick qui riait jaune.
« Je vais acheter le petit-déjeuner. J’en profiterai pour chercher du travail. »
« Attends un peu. », dit Rick en allant à la cachette du coffre. Il ouvrit le couvercle. « Eh, Denzel, on s’est fait voler ! »
La somme qui restait n’aurait même pas suffi à acheter un morceau de pain. Les deux garçons s’assirent sans un mot. Rick fut le premier à parler.
« Il ne nous reste plus qu’à aller vivre à Edge, alors. Nous pourrons au moins recevoir de la nourriture gratuitement. »
« Alors tu t’avoues vaincu ? »
« Oui, j’ai pas envie de crever de faim. »
Tout à coup, Denzel se souvint de ce que lui avait dit un jour son père.
« Et si on attrapait des souris pour les manger ? »
« Des souris ? »
« Ouais. Dans les bidonvilles, comme tout le monde est pauvre, il parait qu’ils en mangent. Les souris grises sales. Ici c’est un bidonville, et nous sommes pauvres. »
« T’es sérieux ? »
« Ouais. Je vais te montrer. Je vais devenir un vrai gosse de bidonville. »
Rick se leva, et épousseta son maillot et son pantalon. Denzel se leva aussi, et guetta les alentours.
« Il nous faut une lance. »
« Fait ça tout seul. Moi je suis un gosse de bidonville depuis que je suis né. »
Denzel, qui remarqua sa maladresse, essaya de se rattraper.
« Je savais pas... »
« Si t’avais su ç’aurait changé quoi ? Tu ne serais pas devenu mon ami ? »
« Non, c’est pas ça ! »
« Je sais pas. C’est vrai que toi, t’es un fils à papa issu du plateau. »
« Rick... »
« Souviens-t-en. A cause de l’eau polluée que vous avez laissée couler jusqu’ici, les souris sont contaminées par des microbes atroces. Les types qui les mangent, ça n’existe pas. »
Sur ces mots, Rick s’en alla.
* * *
Denzel soupira.
« Je ne l’ai pas suivi. J’ai pensé qu’il ne me pardonnerait pas... »
« Pourquoi ? »
« Parce que je venais du plateau. Je m’étais bien habitué aux environs de la gare et à tous les décombres du quartier 7, mais je ne ressentais aucune envie d’aller dans un autre bidonville. D’ailleurs, si je ne suis pas allé à Edge, je crois que c’est parce que c’était pauvre et sale. »
« Et Rick ? »
« Il va bien. Mais il n’accepte toujours pas de me parler. »
« C’est bien. Ca te laisse une chance de te réconcilier avec lui. »
* * *
Denzel ramassa un bâton dont il aiguisa le bout, et se lança à la recherche de souris.
Papa. Les gens des bidonvilles ne mangent pas de souris. Mais moi j’ai l’intention d’en manger. C’est que je n’ai rien à me mettre sous la dent, pas de travail, et ici c’est pire qu’un bidonville. Je suis un enfant du quartier 7, donc je ne pourrai jamais grandir dans un endroit comme ça.
La solitude avait dépossédé Denzel de sa volonté de vivre. Il était dans la même situation qu’à la suite de l’explosion du quartier numéro 7, néanmoins il était conscient que tous ceux qui l’avaient soutenu, ses parents, Arkham, Levy, Gaskin, la bande des chercheurs, n’étaient maintenant plus là.
Il avait l’impression qu’il ne pourrait plus jamais rire. Donc cela ne valait plus la peine de vivre.
C’est ça, maman. Ces souris pleines d’horribles microbes vont pouvoir m’aider.
* * *
« Oh non ! », s’exclama soudain Johnny, qui écoutait discrètement l’histoire de Denzel.
« C’est ce que j’ai pensé à ce moment-là. Mais je me trompais. C’est pour ça que je suis encore là. »
« Oui, c’est vrai. »
« J’ai fait la meilleure des rencontres. »
« Mais dans les pires conditions... »
* * *
Il n’y avait aucune souris. A force de chercher et de tourner, il se retrouva sous le quartier numéro 5. Il y avait une église qui s’était effondrée. Une moto était arrêtée à l’entrée. C’était la première fois qu’il en voyait une comme ça. Mais, plus que la forme de la moto, ce fut le téléphone portable suspendu au guidon qui attira son attention.
Un sourire se dessina sur le visage de Denzel.
Je l’emprunte juste un temps. Ce serait amusant si ça passait. Il s’approcha de la moto et s’empara du téléphone. Tout en composant le numéro de sa maison, il s’imagina le téléphone sonner au milieu des ruines du quartier numéro 7.
« Toutes les lignes du quartier numéro 7 sont interrompues. »
En travaillant avec la bande des chercheurs, Denzel avait tenté de retrouver ses parents, mais il n’avait jamais pu les revoir. Il pensait qu’ils gisaient quelque part sous les gigantesques décombres. Il ne croyait plus qu’ils fussent en vie, où que ce soit.
« Toutes les lignes du quartier numéro 7 sont interrompues. »
Le téléphone contre l’oreille, Denzel regarda en l’air.
Il pouvait voir le dessous du plateau du quartier numéro 5. Il réalisa que Levy reposait au-dessus.
Alors je suis sous sa tombe. C’est pour ça que je suis si triste.
« Toutes les lignes du quartier numéro 7 sont interrompues. »
Il éteignit le téléphone. Il eut envie de le balancer par terre mais se ravisa.
Prêtez-le moi encore une fois. Il essaya d’entrer le numéro de Levy, mais il ne se le rappelait plus. Il regarda l’historique des appels.
Il tenta de composer le premier numéro de la liste. La tonalité se fit entendre. Quelqu’un répondit tout de suite.
« Dis donc Cloud, c’est rare que tu m’appelles. Qu’y a-t-il ? »
Denzel écouta sans rien dire la voix de la jeune femme.
La personne dit d’une voie méfiante : « Cloud ? »
« Ce n’est pas lui. »
« Qui est-ce ? Vous êtes bien sur le téléphone de Cloud, n’est-ce pas ? »
« Je ne sais pas. »
« C’est qui ? »
« Je ne sais pas. Et je ne sais pas quoi faire. ». La voix de Denzel se mit à trembler.
« Tu pleures ? »
Il sentit les larmes venir. Alors qu’il fermait les yeux pour les sécher, une vive douleur le prit au front. De souffrance, son corps se raidit et il fit tomber le téléphone. Il se tint le front et s’accroupit. Il remarqua alors un liquide visqueux sur la paume de sa main. Finalement, il avait envie de crier qu’il ne voulait pas mourir. Et la douleur ne l’empêchait pas de prier de toutes ses forces. Pour qu’il n’y ait pas de noir.
En résistant à la douleur causée par les pulsations de son coeur, il ouvrit les yeux. Ses mains étaient toutes noires.
* * *
« Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé ensuite. Lorsque je me suis réveillé, j’étais dans un lit. Tifa et Marlene me regardaient. La suite, vous la connaissez n’est-ce pas ? »
« Plus ou moins. »
« Si je suis en vie aujourd’hui, c’est grâce à tous ces gens. Mes parents, Levy, Gaskin, les amis de la bande des chercheurs. Les gens vivants et les gens morts, Tifa, Cloud, Marlene, et puis... »
Reeve lui montra qu’il avait compris.
« J’aimerais moi aussi devenir comme une de ces personnes. Maintenant c’est mon tour de protéger les autres. »
Reeve ne disait rien.
« Prenez-moi ! », dit Denzel en se penchant en avant.
« Non ! Ne faites pas ça ! », cria Johnny.
« Toi, tais-toi ! »
« Mais tu n’es encore qu’un gosse ! »
« Et alors ? »
« Non. », dit finalement Reeve. « En fait, le WRO ne prend plus d’enfants... »
« Voilà, regarde ! »
« Vous ne pouviez pas le dire dès le début ? », dit Denze, irrité.
« Non, je viens juste de prendre cette décision. Parce que j’ai entendu ton histoire. Il y a des choses que seuls les enfants peuvent faire. J’aimerais que tu les fasses. »
« C’est-à-dire ? »
« Réveille la force qui sommeille chez les adultes ! »
Denzel attendait la suite. Mais comme s’il avait fini, Reeve se leva.
« Ah, et puis... »
Denzel regarda Reeve, dans l’expectative.
« Merci de t’être bien occupe de ma mère. »
Reeve sortit un mouchoir de sa poche arrière, le secoua pour l’ouvrir et le montra à Denzel. Il était couvert de nombreuses petites fleurs.
Johnny commença à ranger la table qu’avait quittée Reeve. Denzel regarda le mouchoir qu’il avait posé sur la table.
« Eh... », Johnny s’interrompit. « Si tu as envie de combattre, tu peux le faire quand tu veux. Ce n’est pas si important d’entrer dans le WRO. Pourquoi tu y tiens tant ? »
« C’est Cloud... »
« Qu’est-ce qu’il a celui-là ? »
« S’il est fort, c’est parce qu’il a été dans l’armée avant. Moi aussi je veux devenir fort. »
« Les temps changent, tu sais... »
« Comment ? »
« Eh bien, plus que les hommes capables de manier les armes, ce sont ceux qui peuvent guérir les maux des autres qui ont du succès. Nous sommes à l’époque de ces hommes-là. »
« Mais je n’ai pas dit que je voulais avoir du succès. », répondit froidement Denzel à Johnny, en pensant à toutes les mains tendues de ceux qui l’avaient encouragé. Des hommes, des femmes, des adultes, des enfants, il réalisait que toutes ces mains avaient une force extraordinaire.
FIN