Fantasy-Source.com > Article > Square Enix - Square Enix Prêt à Un Futur Sur Mobile Et InternetLes mécanismes du marché coutumier rouillent. C’est du moins ce que sous-entend Yoichi Wada en abhorrant graduellement ce business du jeu vidéo sur consoles de salon en répression. Le président de Square Enix afficha sa nette complaisance lors d’une entrevue avec le magazine des technologies Yomimuri Shinbun. Il n’hésite pas de lorgner le récent marché du téléphone portable et de l’Internet, tout en continuant à grignoter des parts de sociétés connexes. Un clair programme de réhabilité est envisagé.
Le marché du jeu vidéo en pleine restructuration
D’entrée de jeu, Yoichi Wada dressa un bref constat de la conjoncture actuelle : le marché intérieur du jeu vidéo s’essouffle, notamment les produits neufs. La faute sans doute à un prix de vente élevé si on le compare avec celui des jeux de l’ancienne vague. Les joueurs plus ou moins néophytes sont de plus en plus nombreux à préférer les jeux d’occasion pour leurs prix économiques. Surtout qu’au Japon, les revendeurs fixent eux-mêmes les prix (jusqu’à un certain seuil de rentabilité pour l’éditeur), par conséquent bien souvent plus aguicheurs qu’en Europe. Ainsi, le marché de l’occasion se maintient. Mais là où Wada-san entrevoit un paradis, c’est sur l’îlot des téléphones portables qui ne cesse de s’agrandir à travers le monde et promet en ce sens de juteuses ouvertures et externalités. Puisque si le jeu vidéo sur mobile s’est démocratisé au Japon, phénomène dû à une technologie en télécommunication nettement avancée, il ne reste pas moins que les Etats-Unis et l’Europe demandent à recevoir. Et Square Enix compte bien répondre : "Nous deviendrons le plus gros et le meilleur. Le temps où nous dépendions de la vente en magasins est révolu. L’abonnement à un jeu sur téléphone portable coûte 300 yens, tandis qu’un jeu sur console coûte entre 7 et 8 000 yens. Il y a une grande différence de prix alors que la diffusion sur mobile ne revient à rien. Si les gens renouvellent l’offre, ceci constitue une source de revenu non négligeable."
De même, le jeu en ligne se trouve en plein essor et constitue une ouverture bien cadrée pour les pays émergents comme la Chine : "Avec Internet, ce sont les joueurs qui ont le pouvoir. Le business naît de la communauté. Par exemple, Densha Otoko est un phénomène de société reposant sur les annonces faites sur le web. Il y aura donc peut-être des enchères pour le développement d’un titre sur le thème du jeu à succès Final Fantasy".
Par ailleurs et sur ce quoi s’appuie Yoichi Wada, le marché du jeu vidéo connaît des bouleversements, sans évoquer ceux qui seront provoqués par l’arrivée de la nouvelle génération de consoles. L’ère où les fabricants et à la fois éditeurs régulaient le marché a trouvé un terme : "Tout le monde sait que les jeux vidéos sur consoles existent depuis 20 ans, mais ils ont dérapé suite à l’arrivée des jeux en ligne. Jusqu’à présent, Nintendo et Sony (cf : et Sega ?) contrôlaient le développement, la production voire la distribution des softs. Désormais qu’on peut jouer en se connectant au net avec un ordinateur ou un téléphone portable, le contrôle des constructeurs a pris fin".
Ouverture sur l’étranger, à l’aide des filiales
Face à cette restructuration plaçant plus que jamais le joueur en tant que demandeur, Yoichi Wada voit large via l’appui de la récente filiale Taito (les détails de l’absorption dans notre précédent focus complet) : "En ne se cantonnant pas seulement aux consoles de salon, mais plutôt en étendant notre domaine commercial aux téléphones portables et aux ordinateurs, nous comptons sur un double effet grâce à Taito. Notre à présente filiale détient un sacré parc de bornes d’arcade et des softs destinés aux mobiles. Si l’on pense développement à l’étranger, Taito possède aussi les techniques et le patrimoine qu’il nous faut". Et ce développement à l’étranger ne se fera pas sans des licences aguicheuses : "La généralisation des téléphones portables de troisième génération a débuté. L’environnement est donc fin prêt pour une véritable évolution du marché. Nous espérons la mettre en place vers la fin de l’année prochaine, successivement aux Etats-Unis, en Europe et en Chine" ; ainsi que l’appui de sociétés sous-traitantes (ou qui sait futures filiales de Square Enix) : "Comme le renforcement à l’étranger est important, nous sommes en négociation avec plusieurs entreprises. Nous continuerons activement à croître et à acquérir d’autres sociétés. Nous réfléchirons après nous être entretenus sur les bases du développement hors de nos frontières et nous être assurés de l’orientation du marché. Il est difficile de s’en sortir par ses propres moyens en Europe et aux Etats-Unis mais l’acquisition d’une société est à l’étude." Une société à même d’aider Square Enix dans sa pénétration du marché européen, en matière de téléphonie… ?
Quoi qu’il en soit, l’éditeur nippon ne souhaite pas en rester là et envisage dès maintenant un éventuel rapport de force avec EA en évoquant le fait que : "la réorganisation de l’industrie du jeu vidéo au-delà des frontières et des catégories sociales est l’objectif de demain. Il est possible que des entreprises américaines rachètent de grands éditeurs japonais. Square Enix a l’intention de coopérer activement avec des entreprises d’autres domaines, comme dans le paiement sur Internet ou encore dans la gestion de serveurs". Yoichi Wada précise ainsi la politique de Square Enix qui consiste dès l’année prochaine à se entamer deux extensions : s’implanter dans les deux autres pôles de la Triade et conquérir un plus large public en offrant aussi bien un catalogue de jeux plus varié tant par leur contenu (à l’image de Mario Basket 3 on 3, titre financé et édité par Nintendo) que par leur contenant (tel le projet tentaculaire Code Age s’étendant au téléphone portable, au manga et à la PlayStation 2), et ce sur l’ensemble du territoire mondiale.
Traduction : Guillaume