Amano : Maniera D’espressione
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Amano : maniera d’espressione

C’est au sein du musée royal d’Ueno, le quartier vert de Tokyo, que Yoshitaka Amano a tenu l’exposition Maniera. L’illustre auteur du chara-design de Final Fantasy fait ainsi suite à une ballade créative longue de sept ans autour des Etats-Unis et des capitales huppées d’Europe. Doit-on s’attendre au prolongement du style abstrait exposé à New York ou à un retour aux sources proche des œuvres qui forgèrent son image de peintre ? Réponse à suivre…

Maniera : une exposition à trois couleurs

3-10 Mai : l’exposition Maniera réunit un public hétéroclite avec trente années de décalage. Des 15 aux 45 ans, tous ont versé entre 700 et 1 300 Yen pour contempler le temps d’une après-midi les travaux d’un artiste qu’on ne présente plus au Japon : Yoshitaka Amano. En retour, l’homme leur a ouvert les yeux sur une cinquantaine de magnificences puisées depuis 1987. Un véritable panaché de couleurs et de styles s’étalant sur trois thèmes : Final Fantasy, les publications cinématographiques ou télévisées et les travaux pas encore diffusés.

Et si c’était ça la vie ?

En ce qui nous concerne (même si l’artiste mérite bien plus), l’exposition Maniera donna tout particulièrement la parole à Final Fantasy XI grâce à des peintures renversantes pouvant tenir sur un mur de 11 mètres de large pour 6 de haut ! Sans compter que la non méconnue world map, peinture que l’on retrouve sur la pochette de l’édition limitée de la bande originale, a été déplacée des locaux japonais de Square Enix pour l’occasion. En outre, Amano a souhaité exposer plusieurs de ses œuvres incontournables pour inscrire une page d’histoire en son retour à Tokyo : ses premiers dessins pour Final Fantasy, son expérience nouvelle sur Front Mission, etc.

New York – Tokyo : un retour aux sources engagé ?

Mais Maniera offrit également l’occasion à l’artiste d’exposer des œuvres plus récentes, voire inédite pour montrer à son public qu’il n’y a pas que les jeux vidéo dans la vie ; il y a aussi… les sujets quotidiens. Et c’est sur quoi Yoshitaka s’est employé ces dernières années suite à son "départ" de Square Enix.

Des dessins préparatoires de Final Fantasy VI, III, II et Front Mission cote à cote, nul doute que ça laisse rêveur…

On peut alors se demander s’il existe un ou plusieurs Amano. Du moins est-ce que son style n’emprunterait pas une voie différente depuis son exposition à New York où esquisses de Vampire Hunter étaient confrontées à des tableaux en noir et blanc et au style épuré ? Une chose est sûre, le peintre garde son coup de crayon fin, ses femmes à la peau terne et son talent incroyable pour marier les couleurs et les textures (voir image ci-dessus). On perçoit toujours ce goût pour peindre des humains ou des divinités dans des situations épiques, féeriques voire fantastiques ; ce goût également pour la nature et les tissus. Seulement, Amano se dirige vers une approche plus éthérée qui fait abstraction des détails surréalistes (une robe extrêmement longue, une profusion de couleurs et de motifs sur un tissu…) pour se concentrer sur les événements de la vie (la peinture d’une femme nue sur allongé sur un cercueil de fleurs pour suggérer la mort par exemple) et les sentiments humains. Une approche à suivre tant elle peut déboucher sur le renouvellement du style d’Amano après avoir excellé dans celui qui forgea sa réputation.

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postée le :
04.07.05
mise à jour :
04.07.05

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