Dragon Quest VIII - Dragon Quest VIII En Concert
Fantasy-Source.com > Article > Dragon Quest VIII - Dragon Quest VIII En Concert

Dragon Quest VIII en concert

Quand les violons doivent délivrer une annonce aussi conséquente que l’ouverture de Dragon Quest au reste du monde, il ne faut pas flancher. L’illustre compositeur Koichi Sugiyama et l’orchestre symphonique de Tokyo l’ont bien compris en offrant au 19e Family Classic Concert un programme d’orfèvre mettant pleinement en relief Dragon Quest VIII. Sugiyama-san donne la note, deux heures de musique enivrante en découlent…

Un rendez-vous populaire de longue date

"Family Classic Concert". Derrière ce nom quelque peu décalé se cache un événement immanquable pour les japonais adorateurs de Dragon Quest et les amateurs de musique classique en général. Un rendez-vous qui remonte à vieux même puisque la première représentation a eu lieu en 1987, organisée par Enix, qui inscrit par la même occasion son nom dans l’histoire en se réalisant le "premier concert live de jeux vidéo". Le concert fut rythmé par les réorchestrations des musiques de Dragon Quest I et II suite au succès colossal des jeux sur l’archipel nippon en tant que précurseurs du genre RPG (1,5 millions de copies vendues pour Dragon Quest ; 2,4 millions pour le II).
Depuis, l’idée a fait son chemin. Le 12 août dernier, nous assistions à la 19e représentation dans l’un des quartiers de Tokyo : Ikebukuro. Celle-ci fut placée sous le signe de Dragon Quest VIII exclusivement, avec pas moins d’une vingtaine de pistes jouées pour deux heures de spectacle grand public.

Affiche de la 1ère édition du Family Classic Concert Souriez Sugiyama-san ! Rue d’ Ikebukuro

C’est là où Dragon Quest étonne ; toute la population japonaise était représentée. Des mamans et papas amateurs de musique classique ou qui accompagnent les plus petits, des célibataires endurcis, des limitrophes de la vie adulte… tous avaient réservé leur place longuement à l’avance. Puisque chaque année, les quelques milliers de tickets se vendent en tout juste un mois. Il faut dire aussi que Koichi Sugiyama met tout son cœur à l’ouvrage. Le compositeur attitré des Dragon Quest prépare en effet l’événement un an à l’avance pour régler minutieusement chaque détail. Il a décidé cette année de mettre pleinement en avant Dragon Quest VIII en jouant la playlist complète de l’album Symphonic Suite. Dans une interview précédant le concert, il délivra son avis quant à l’influence de la 3D par rapport à son travail de compositeur en se disant ravis de perspectives offertes. La 3D offre plus de libertés au joueur, plus d’immersion. Toutefois, Sugiyama-san est hautement respecté au Japon pour ses qualités à capter l’esprit classique, old-school sans pour autant virer aux morceaux épurés. Il profite de la technologie tout en gardant le charme de la vielle époque. Et le tout est renversant…

Plus de deux heures de musique étourdissante

Fort de ses 74 ans, Koichi Sugiyama et ses musiciens donnent le ton après dix minutes passées à accorder les instruments sous un trac indomptable. Chaque homme était pleinement concentré et n’a sourit qu’au moment où l’orchestre était présenté au public. Quoi qu’il en soit, on ne pourra que les remercier en leur accordant un tonnerre d’applaudissements à la fin de chaque morceau. Puisque comme vous le remarquerez dans la playlist commentée suivante, ces derniers ont joué comme des dieux.


1ère partie
  1. Overture : Ouverture triomphale et à la fois thème de la saga. Annonce de l’arrivée du héros des temps anciens. Anciens du fait que des instruments de longue date, connus des concerts de musique classique sont utilisés à l’image de la trompette et du tambour. Le héros est traité comme un empereur ou un haut commandant à qui on fait place.
  2. Travelling with Wagon : Rythme berceur qui exprime le balancement du voyage. Musique charnière puisqu’elle fait la jonction entre le thème d’ouverture mythique et le réveil du héros.
  3. Peaceful Town~Quiet Village~Alchemy Pot : Rythme molasse pour une exploration des alentours. Le héros traîne du pied dans un village bercé par la quiétude.
  4. Strange World ~Marching Through the Fields : Départ qui secoue. Le héro part à la découverte du monde, animé par une curiosité accrocheuse. Un grand thème !
  5. Chatting : Discussion sinueuse. C’est le monde extérieur qui parle avec tout son panache.
  6. Cold and Gloomy ~ In the Dungeon Depths : Une menace se musse à travers l’ombre. Les violons expriment cette douleur avant-gardiste. Ambiance tendue, le héros est coupé du monde extérieur.
  7. Healing Power of the Psalms ~ Friar´s Determination : Ouverture radieuse et bonheur ombragé, discret. Une décision importante doit tomber par un élan de détermination.
  8. Over the Sorrow ~ Hurry! We are in Danger : Impressionnant travail de percussions qui souligne que le danger peut venir de nulle part. L’équipe est assaillie après un début de piste plutôt routinier qui tend au désespoir.
  9. Mysterious Tower : Découverte mystérieuse traduite par des percussions aigues qui ouvrent les yeux au héros.
  10. Reminiscence ~ Go Topo Go! : Ascension jusqu’au sommet sur un ton féerique apporté par les violons jouant par touches successives. Piste pleine de surprises.
  11. War Cry ~ Defeat the Enemy : L’heure n’est plus à l’émerveillement : l’équipe doit combattre ! Thème encourageant.


2eme partie
  1. Remembrances... : Souvenirs. Piste en marge avec des instruments à forte résonance pour mieux exprimer le retour en arrière.
  2. Majestic Castle ~ Gavotte de Château ~ Majestic Castle : Les trompettes sonnent l’arrivée au château. Koichi Sugiyama a voulu greffer une parenthèse à la France puisqu’une gavotte est une danse populaire française d’allure modérée et de rythme binaire. Ce choix montre par la même occasion que le château est modeste.
  3. Poet´s World : Court morceaux laissant part à l’imagination du joueur, à une ballade dont lui seul lui donnera un sens.
  4. Memories of an Ancient Ocean : morceau à lourde signification. C’est le moment pour le héros de découvrir la vérité et de montrer sa détermination quant à la suite de ses aventures.
  5. Stalked by Fear : D’entrée de jeu, cette composition exprime un grand désarroi. Le rythme semble s’éterniser pour mieux traduire la peur du héros. Peur spontanée du fait de la durée du morceau, avertissement féroce.
  6. Ruins of Darkness : Atmosphère oppressante bercée par le doute. On se remet en cause après l’effroi. Le décor n’inspire pas confiance. Le rythme instable est plein de malice.
  7. Sanctuary : Les instruments jouent en crescendo pour traduire la détermination du héros, bien que retenue dans les étroits murs du sanctuaire et par l’ambiance solennelle des lieux.
  8. Nearing our Destiny : Battements de tambour et coups de trompette inattendus clouent le héros au sol, il reste sur ses gardes. Les timbres vont en crescendo pour montrer que quelqu’un ou quelque chose approche. L’équipe s’apprête à frapper d’une pierre blanche son destin.
  9. Dormaguez ~ Great Battle in the Vast Sky : Atmosphère lourde. Il s’agit là de combattre son pire ennemi : la peur. Dormaguez se dévoile et par ses notes pesées, sans grandes envolées, le combat se dessine. On découd avec tact et sérénité bien que quelques retournements de situation viennent aiguiser la concentration du joueur. Une vraie réussite !
  10. Sky, Ocean and Earth : Retour à la plénitude, à une ambiance calme et placide. Les violons jouant des les aigus et la clarinette font retrouver au joueur la douceur des premières pistes. Tandis que les percussions marquent le grand voyage, l’épopée.

Répétitions, chut…

Final
  1. Heavenly Flight : Harpe et flûte donnent un sentiment de plénitude, de voyage en altitude. Splendide évasion qui introduit la marche vers le combat final.

  2. Overture : Le thème de la saga revient. La boucle est bouclée sous les applaudissements du public.

Quel morceau jeter au final ? Aucun. C’est là où l’expérience de Koichi Sugiyama impressionne. Il a un tel doigté, un tel sens de la répartition que chaque rythme ou instrument est utilisé dans un but précis et à bon escient. Le compositeur se veut minutieux avec ses élèves et atteint ainsi une qualité moyenne ébouriffante : c’est bon ou excellent, rien d’autres.
Que peut-on alors espérer de mieux pour une ouverture de Dragon Quest au reste du globe grâce à la localisation américaine et européenne du huitième volet ? Simplement une nouvelle date de concert (les deux premières représentations, celles de Tokyo et de Nagoya les 12 et 20 août derniers étant passées) et on vous la donne : le 20 septembre à Sapporo.

Parcourir

Plus d'infos


Publicité


Partenaires
Flux RSS au format XML
Hwoaranga

postée le :
27.08.05
mise à jour :
27.08.05

source :
-

Augmenter la taille du texte Diminuer la taille du texte Imprimer