Fantasy-Source.com > Article > JaponSous une épaisse toison de plumes, se cache un cœur bercé par la lumière, qui a su se relever d’un tannant effroi (seconde guerre mondiale). Un fascinant amalgame d’Occident et d’Orient qui met étroitement en relation une technologie sans cesse en expansion et une histoire ancestrale. Revêtons, en ce pas, la foi du samouraï qui somnole en nous. Serrons notre katana près de notre flan, l’aventure ne vient que de commencer…
La légende murmurait que deux dieux percèrent la couche de nuages qui les enveloppaient afin de percevoir l’atmosphère. Ils s’aventurèrent sur le "Pont flottant pour le ciel", enfoncèrent une lance dans l’écorce terrestre et solidifièrent des gouttes d’eau salée. Celles-ci ne tardèrent pas à former les îles de l’archipel. A ce même moment, Amaterasu, déesse du Soleil, lavait son visage dans la mer fiévreuse. Lasse des farces de ses deux frères, celle-ci engloutit ses pleurs dans les profondeurs d’une grotte, plongeant ainsi le monde dans les ténèbres.
Rendues aveugles, nos deux divinités au caractère facétieux décidèrent de tramer un lot de stratagèmes afin de déloger "Madame Soleil" de sa cachette. Les coqs chantaient, une jeune déesse dansait et l’on plaça un miroir de bronze sur le seuil de la caverne. Reflétant son visage, la glace attira la déesse solaire jusqu’à son image. Elle contempla alors la beauté des reliefs de sa peau… le monde avait retrouvé source de lumière.
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Ainsi fondé, le Japon forge et assume une culture "autarcique". En effet, les japonais revendiquent avec force la différence qui éloigne l’archipel des autres pays du globe. Pourtant, Tokyo pourrait facilement s’apparenter à Paris, Londres, New-York ou Hong-Kong. Pourquoi peut-on rencontrer quotidiennement des hommes d’affaires, des secrétaires comme on en a l’habitude de voir dans les grandes villes occidentales, puis une mère servant le repas en kimono ? La réponse est que, sous ce masque clinquant, perdurent des valeurs authentiques, propres au Japon.
Pilier central de ses apports indispensables, le Nihonginron, un corpus littéraire lu par une vaste partie de la population nippone, prime, revendique la singularité absolue du peuple et de sa culture. Selon l’auteur, les apports étrangers ne serviraient qu’à mettre en valeur cette unicité d’opinions. Ses écrits semblent infaillibles puisque 99,5% de la population se classe dans la catégorie "pur japonais". Aujourd’hui reconnu par la communauté internationale, le Japon méfiant, ressent tout de même une menace en l’influence étrangère.
Hormis cet esprit conservateur, il s’avère être un pays très accueillant envers ses visiteurs étrangers.
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Là-bas, la rue est aussi publique que la maison est privée. Ainsi, de nombreuses animations viennent égayer, chaque jour, l’ambiance tendue qui vagabonde dans les ruelles depuis sept heures du matin. Chaque coin de rue, voie d’accès aux temples, gares, attire une multitude de commerçants, tramant dès l’aube leurs comptoirs pittoresques éclairés d’une lanterne constante. Une source chaleureuse qui ravitaille jusqu’à l’aurore les noctambules affamés.
L’ambiance qui règne à l’intérieur de ces gargottes s’avère être conviviale, accueillante. Une fois assis sur l’une des quelques banquettes installées, on finira rapidement par se voûter, se cramponner afin de ne plus se détacher de ses si bons moments qui viennent de se passer. Malgré tout, l’heure est venue de se dépenser.
Vieux de 2 000 ans, les summos créaient les liens entre les Hommes et les divinités sacrées. Ceux-ci invoquaient les dieux afin de leur implorer une bonne récolte. Désormais, ces hecto places se perchent sur le clou du spectacle et assurent leur rôle de sport national au Japon.
Une fois que l’on ait jeté une poignée de sel tout autour du ring, nos deux mastodontes peuvent s’affronter. Même si les combats ne durent souvent que quelques instants, une aura gracieuse se dégage de ces 200 kilos de graisse (sens non péjoratif). Sans doute se sont-ils gavés de brochettes de poulet grillé au feu de bois, un ragoût accompagné d’une bière glacée en été ou d’un saké en hiver. Petite parenthèse gastronomique fermée…
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Kyoto, métropole religieuse, se devait de recueillir plusieurs des plus belles représentations architecturales bouddhiques.
La première construite et donc la plus ancienne se nomme Kiyomizu-dera. Essentiellement conçu par la force du bois en 780 (époque "Nara" (710-794)), ce temple offre à ses visiteurs une superbe vue sur la ville. Comme soutenu par le coteau boisé qui l’entoure, une soudaine crainte peut nous apeurer lorsque l’on se demande comment ce temple peut si bien donner l’impression de voler. Serait-il soutenu par la bonté des dieux ?
Le second, le temple Kinkaku-ji, plus communément surnommé le Pavillon d’or, fut construit en 1937 afin d’estomper les sueurs du shogun Askikaga Yoshimitsu (inspirera le célèbre romancier Mishima dans son œuvre : Le pavillon d´or). Malheureusement, sa destruction retentit en 1950 lorsqu’un de ses servants, pris de folie, l’incendia. Il reprit alors sa forme originale en 1955. Serait-il devenu immortel ?
Etalé sur pas moins de trois étages, ce magnifique édifice propose un éventail de styles architecturaux : le premier étage relève de la période Heian (794-1192), le deuxième de celle de Kamakura (1192-1338) tandis que le troisième puise dans l’inspiration chinoise (marque les querelles entre les deux pays à cette époque). Seuls les étages supérieurs sont revêtus de feuilles d’or. Sans doute pour mettre en valeur le ciel (dieux) par rapport à la terre (les Hommes). Au bord de l’eau, son reflet donne une toute nouvelle dimension à ce désormais splendide monument.
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Ainsi, immergent deux religions contraires : le bouddhisme et le shintoïsme. Cependant, les japonais voudraient marcher sur la voie de la concordance et non du conflit. Selon un schisme, Bouddha assurerait la descendance de deux divinités shintoïstes. Certains temples bouddhiques se servent même des divinités shintoïstes comme puissance tutélaire. Les codes d’honneur des samouraïs reposerait sur l’amalgame des opinions de ses deux croyances.
Dans la vie de tous les jours, les japonais se marieraient sous la main d’un prêtre shintoïste et mourraient sous l’œil d’un moine bouddhiste. De quoi pousser l’ambiguïté jusqu’au bout.
La mort ne s’avérant être que l’aboutissement de la vie, les hommes se reposent, la plupart du temps, dans leur maison, une de leurs principales raisons de vivre.
Cependant, le mot "foyer" prend une toute autre forme au pays du Soleil Levant. Il ne cesse de rire au nez de la ville, crée des contrastes entre vie active et vie mobile… Le japonais voudrait-il s’isoler ?
Tout d’abord, le seuil de la porte joue sur un premier décalage entre tradition (intérieur) et modernité (extérieur). Le japonais doit tout d’abord poser ses chaussures sur une marche inférieure au niveau des différentes pièces. Celle-ci continue sur une sorte de "hall" où l’on range les objets ou services de première nécessité (téléphone, annuaire, vêtements pour sortir…).
Une fois ces quelques mètres passés, l’homme et la femme revêtent leur kimono, action que nul autre pays effectue et qui continue à marquer une nette différence.
La maison japonaise crée également une ambiance contraire à celle qui nous berce durant les huit heures précédentes. Surélevée de quelques centimètres du sol, elle lie les hommes à une nature placide. Rares sont les salons qui ne donnent pas une vue sur un jardin ou se l’approprie complètement en l’implantant à l´intérieur de leurs quatre murs. Somnolant ou étudiant, vous garderez toujours un œil penché sur votre seconde mère. Mère qui donna naissance à la forme d’expression suivante…
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L’art japonais repose principalement sur la représentation de portraits, masculins ou féminins, et de paysages. Hokusai (1760-1869), un des maîtres de l’estampe d’horizons, rayonna pour sa série d’ouvrages "36 vues du mont Fuji". Ainsi, il toucha le public par sa grande force expressive.
D’un autre genre, Otani Onji, un peintre aussi talentueux que mystérieux qui appartient au genre ukiyo-e (estampe servant de témoignage du peuple japonais à travers les âges). Il se passionna pour les portraits d’acteurs de Kabuki (théâtre japonais).
En illustration sur cette page, le grand et désormais célèbre peintre Utamaro (1753-1806) consacra son talent à la beauté féminine. Dans son style o-kubi-e (portrait de femme au plan très rapproché), il inclut un subtile érotisme sans en dénuder son sujet. On pourrait sans doute le comparer à Utagawa Kuniyoshi qui représente des jeunes courtisanes cueillant des fleurs dans le quartier du plaisir. Une peinture que je vous laisse interpréter comme bon vous semble…
Derrière une foule de paradoxes apparents, existe pourtant un extraordinaire sens de l’organisation, de l’unité. Un pays qui su reconstruire son visage après qu’un homme à la chemise bleue, blanche, rouge et au ceinturon de cow-boy lui est happé à la période de la seconde guerre mondiale. Une sublime faculté à transformer l’adversité en bien.