Fantasy-Source.com > Article > Radiata Stories - Radiata Stories : Pari Gagné Pour Tri-Ace ?Bien qu’à l’école du RPG Final Fantasy et Dragon Quest jouent les "locomotives de la classe", on ne peut se permettre de négliger les élèves qui participent activement tel Tri-Ace (et Namco). Surtout que pour le coup, l’illustre auteur de Star Ocean et de Valkyrie Profile joue cartes sur table en proposant une alternative médiévale. Une saga viendrait de naître… ?
Jack et Ridley embarqués dans une fable porcine
Vous incarnez Jack Russell, une énergumène marchant sur les traces de son père, Keian, le chevalier légendaire du royaume de Radiata. Son cœur se déchire entre la volonté de veiller sur sa petite sœur à Soleco et sa volonté de s’engager dans l’armée. C’est en suivant ce deuxième choix qu’il rencontre Ridley Timberlake (chercher l’intrus), sa conscrite au tempérament de feu, entraînée dès le plus jeune âge à l’art de la guerre. L’un nonchalant et l’une embrasée (duo héroï-comique) se retrouvent au camp militaire, les poings fermés. Il s’apprête à marquer à l’encre rouge un tournant de leur histoire quand ils s’aperçoivent qu’ils viennent d’être enrôlés… dans l’unité Cochon Rose ! Toutefois, nos deux héros à mi-temps comprennent rapidement que sous ce nom enfantin se cachent de vrais durs à cuir, abreuvés de haine et de bière… Du moins, ils les imaginent ainsi.
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| Au début du jeu, Ridley ne pourra s’empêcher de lancer des regards plaintifs à Jack. | Ensemble, pour accomplir leur destinée. | Malgré une attitude molasse, Jack sait voir loin. |
Outre ce souci humoristique (les développeurs en sont friands), l’intrigue nous mène du bout du nez jusqu’à une vérité criante : les Hommes livrent une fervente bataille aux Ames. La cohabitation préalablement installée ne suffit plus : un être maléfique vient tout bouleverser en contrôlant les Ames à des fins criminelles, en les manipulant pour qu’elles constituent une horde de Dragons prête à tout pour éradiquer la race humaine. Heureusement, nos deux joyeux lurons sont là pour mettre un frein au déroulement des événements.
Il est 8 heures, Radiata s’éveille…
Lors des premières heures de jeu, Radiata Stories vous amène à effectuer une mission à hauts risques au village de Dwarf (à vos souhaits). C’est ainsi que vous comprendrez que le mot "exploration" n’est pas à prendre à la légère. La plupart des villes s’étendent en effet sur trois plateaux, vous laissant le loisir de partager d’innombrables discussions avec ses habitants (fournies en anecdotes en tous genres). De plus, il ne suffira pas d’examiner les lieux en pressant la touche croix à tout va. Le jeu vous demande un véritable flair de Sherlock Holmes en donnant par exemple de grands coups de pieds dans les tonneaux (méfiez-vous, si vous frappez ainsi dans l’armure d’un garde, le jeu prévoit de faire tourner les choses au vinaigre).
Toujours dans un soucis de réalisme, Radiata Stories gère le déroulement du temps. Comprenez par-là que la gestion de l’éclairage différera selon si vous explorez de jour ou de nuit et plusieurs actions ne seront réalisables qu’à une heure précise. Ainsi, à l’instar de Shennmue et de Dragon Quest VIII (moins poussé tout de même), il n’est pas rare que vous mobilisiez les auberges avant de vous rendre au un point donné.
Enfin, Radiata Stories met en place une carte du monde en full-3D. Comprenez par-là que pour relier une ville à une autre, vous vous déplacerez dans un univers entièrement modélisé, à la manière de Tales of Symphonia. Les monstres apparaissent mais inutile de compter leur échapper. Ils bloqueront (systématiquement) votre avancée, vous contraignant à montrer votre morale guerrière.
La volty attitude
A l’instar de Tales of Symphonia (encore et toujours), Radiata Stories vous laisse prendre part à des combats dynamiques reposant sur votre tact à effectuer le maximum de combinaisons possibles, en laissant les CPU fignoler les contours de votre stratégie. Vous contrôlez Jack et votre but consistera à alterner les phases d’attaques (O,O,O…) et de défense (X,X,X…) (en sachant que si vous appuyez rapidement et successivement sur X, Jack s’écartera de l’ennemi) pour maximiser le nombre de combos. Quand votre Vaulty Gauge est remplie de moitié, vous déclenchez une Volty Break (attaque plus puissante que la moyenne), ou, si votre jauge est remplie entièrement, un Volty Break (l’attaque dévastatrice). Vous répétez ce manège et arriver à vos fins. Vous amassez des points d’expérience et apprenez de nouvelles techniques. Toutefois, ne soyons pas si simplistes pour autant, le jeu égrène quelques innovations de ci de là par la gestion de votre armement ou le système de link.
Radiata Stories prend en effet en compte votre équipement en combat ; c´est-à-dire qu’une technique particulière ne sera réalisable qu’avec l’arme adéquate : une hache ou une rapière par exemple. De plus, les Vaulty Blow et Vaulty Break différeront de la même manière. Enfin, certaines armes vous permettront d’effectuer plus de combos que d’autres.
Quant au mode link, il vous permet de déclencher une rafale meurtrière en combinant vos compétences à celles de vos compagnons de jeu. Autrement dit, une attaque groupée.
Dernier détail, le jeu affiche un fâcheux game over si Jack succombe aux attaques de l’ennemi. Dans d’autres termes, les autres membres de l’équipe (gérés par une intelligence artificielle) n’auront pas le loisir d’essayer de relever la barre.
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| De courts dialogues pigmentent l’action par le biais de bulles. | Feel my strengh! | On remercie Radiata Stories pour son soucis de détails accru : ici, la prise en compte du changement d’équipement. |
Malheureusement, force est de constater que l’élan de créativité dont a fait preuve l’équipe de Yoshinori Yamagishi s’arrête là, engendrant la mise en doute des bons points préalablement acquis.
Le contre-pied d’une créativité avare
Puisque si Radiata Stories séduit par une intrigue développée laissant place à un humour pesé (Jack s’écrie avec un "Nooooo!" introduit sans traduction pour garder tout son kitsh ou Ridley qui se plaint que son acolyte lit trop de mangas) et des graphismes chatoyants, il accumule les ressemblances avec ses concurrents directs (Tales of Symphonia et Dragon Quest VIII essentiellement) ou indirects (Valkyrie Profile, lui-même développé par Tri-Ace). Résultats, le jeu souffre d’un manque de personnalité sur plusieurs plans.
Tout d’abord, Radia Stories reprend l’idée de Valkyrie Profile qui vise à enrôler plus d’une centaine de NPCs pour constituer une armée. Vous serez en effet amené à convaincre les villageois pour qu’ils prêtent leurs forces au combat. Ainsi, en fin stratège que vous êtes, vous veillerez à échanger les rôles pour adopter la meilleure tactique possible face à votre ennemi (selon s’il vole, s’il possède une forte défense…). Puis, certains environnements doivent beaucoup de leur charme à Dragon Quest VIII ; ce qui s’avère d’autant plus regrettable quand on sait que Tri-Ace misait à ce que leur jeu offre une nouvelle alternative au monde médiéval. Enfin, le système de combat dynamique avec la possibilité de donner des ordres à vos coéquipiers gérés par l’ordinateur (bien que plus évolué) et la world map s’inspirent beaucoup de Tales of Symphonia (par sa linéarité).
A défaut de charmer, Radiata Stories séduit par une intrigue creusée et ludique. Il manque d’un iota l’occasion de s’inscrire dans l’esprit des hardcore gamers qui bouderont son côté pompeur des productions concurrentes. En d‘autres termes, le bébé de Tri-Ace est une valeur sûre réservée au grand public.