Fantasy-Source.com > Article > Sakura Taisen : Des Fleurs Plein La TêteOutre Dragon Quest et Final Fantasy, une fleur à succès se cultive sur les terres japonaises : Sakura Taisen (prononcez Sa-kou-la Taille-Senne ; Sakura Wars pour les amerloques). Elle donne naissance à un succulent mélange entre phases dramatiques enjouées (combats tactiques entre méchas) et phases d’humour bigarrées (drague maladroite entre les différents protagonistes). Par le biais des lignes suivantes, rendons hommage à RED et à sa plus grande réussite.
RED : l’imagination dérivée en trois lettres
La création des studios RED revient à un homme : Hiroi Ouji. Derrière ce cinquantenaire (né en 1954), sa chemise hawaïenne et ses cheveux blonds décolorés (Eikichi Onizuka en même, mais en différent), se cache une imagination débordante (traduite par son envie de toujours repousser les limites d’un genre) et une volonté de savoir comment l’extérieur (pays autres que le Japon) perçoit le jeu vidéo. C’est pour cette dernière raison qu’il passa un an de sa vie (l’année 1983) aux Etats-Unis avant de réaliser un projet visant à mieux renseigner les pays occidentaux sur la culture japonaise.
Néanmoins, cette soif de connaissances aurait pu le noyer puisque entre 1984 et 1985, Ouji ne trouve aucun preneur pour son projet. Heureusement, Hudson Soft, en 1986, lui tend la main. Le RPG inventif vient de trouver un père.
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| Tengai Makyô 2 | Hiroi Ouji | PC Kid |
Ainsi naissent RED et les prémices de Tengai Makyô, le premier projet d’Ouji. De par ses ambitions, ce dernier ne verra le jour qu’en 1989, date où le CD-ROM de NEC devient de plus en plus populaire. Néanmoins, rien ne lui empêche d’enivrer la tête des hardcore gamers en s’affichant comme le premier RPG à utiliser des voix digitalisées. Une révolution pour l’époque qui conférera à ce premier épisode (sous-titré Ziria) un succès immédiat.
Près de trois ans après, Hiroi Ouiji reprend les même ingrédients et recommence. Grâce à son travail réalisé pour Manjimaru (deuxième volet), il obtient ses lettres de noblesse. S’ensuit alors des adaptations Super Famicom, PC-FX, NeoGeo-CD… avant d’atteindre certainement le point culminant de la série en 1995 avec Tengai Makyô : The Apocalypse IV.
Enfin, RED c’est également PC Kid, le concurrent direct de Mario à l’époque ; Thousand Arms, un RPG novateur sur PlayStation ; Galaxy Fraulein Yuna, un savant mélange entre dessin animé et jeu vidéo.
Sakura Taisen, des fleurs plein la tête
Ceci dit, RED se forgea une véritable identité auprès de son public en créant Sakura Taisen : une série de jeux de drague montés sur des rails de Tactical RPG. Du moins, c’est le schéma simpliste qui a bon pied bon oeil. Nous pousserons la barque plus loin en brossant un portrait concis de la saga, en affichant la volonté de plaire aux amateurs comme aux fans.
L’histoire prend place en 1919 avec Sakura Taisen, premier du nom. Suite à une effroyable lutte contre les Démons, le Japon multiplie les efforts dans le secteur secondaire en voulant à tout prix être à la pointe de la technologie (allusion au véritable passé du Japon ?). Toutefois, ce plan offensif ne suffira pas à lui seul. C’est pourquoi un groupe diplomatique décide de former un corps d’armé. Teikoku Kagekidan vient de naître avec pour espoirs, l’équipe Hanagumi. Celle-ci se compose de six filles et… d’un garçon : Ichirou Oogami. Joueur (dans les deux sens du terme), vous incarnerez ce militaire haut en couleurs qui n’évitera pas la rime avec "pitrerie" lors de sa première rencontre avec la gente féminine. Rencontre des plus singulières d’ailleurs puisqu’à l’enseigne de Teikoku Kagekidan, les militaires bavardent sous les planches d’un music-hall. Oui, ce lieu cintré sert de base secrète (où sont entreposés les Koubu, des méchas dotés d’une force spirituelle) et il ne sera pas rare de voir nos héroïnes découdre avec les détails perspicaces d’une mise en scène pour entretenir le trompe oeil. Sakura Taisen 1 et 2 (sortis respectivement en 1996 et 1998) opteront pour un théâtre situé à Ginza (Japon) tandis que le 3ème (2000) se situera sur les pieds de la Tour Eiffel. C’est ainsi que l’intrigue des Sakura Taisen se tisse, toujours sur ce même modèle avant d’aller décrocher d’autres horizons.
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| Erica, Ichirou et Glycine : prêts ! | Erica ou une maladresse touchante. | Coquelicot, un passé tourmenté caché par un sourire d’ange. |
Un premier horizon : la mise en scène de personnages à relief. Sakura Taisen tire en effet l’une de ses forces en dépeignant, pour chacun des épisodes, des protagonistes gorgés de soleil qui ne cessent d’inciter le joueur à toujours mieux les connaître, à poser une accroche dans leur vie quotidienne. Puisque si à court terme, vos lèvres afficheront un sourire enthousiaste devant le caractère cocasse de certaines scènes (Sakura Taisen 3 : Erica court jusqu’à la terrasse d’un restaurant (où l’attend Ichirou) pour rattraper son retard. Malheureusement, elle rate l’entrée du restaurant. Elle glisse et s’accroche à un parasol pour freiner son entrain. Ce dernier lui reste entre les mains, l’a fait tomber sur une table avant d’engendrer la chute de celles voisines…), à long terme, vous confondrez réalité virtuelle et réalité "réelle" tant RED a creusé sous son coude pour mettre en scène des jeunes femmes qui respirent vie et sympathie. Une Sakura maladroite, une Erica tête en l’air mais touchante, une Glycine froide pour mieux cacher un cœur d’or, une Coquelicot qui découvre le plaisir d’être respectée pour sa juste valeur… chaque cadette est à même de nous impliquer et de nous émouvoir.
De plus, Ichirou devra souvent effectuer mille courbettes pour s’intégrer dans le groupe. Ainsi naît une des directions principales du jeu : la simulation de drague. Oui, de nombreuses questions parsèmeront le dialogue des héroïnes et ce sera à vous d’y répondre avec le plus grand tact possible pour voir votre interlocuteur sourire, s’exclamer ou encore rougir de honte. Par ses interrogatoires, vous tisserez des liens avec vos coéquipières qui détermineront leur efficacité au combat.
Toujours dans l’optique de séduire, Ichirou se laissera mener par le bout du nez dans des mini-jeux allant du cache-cache à la préparation du souper. Oui, la richesse des Sakura Taisen s’avère irréfutable. Et…
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| Quand bohémienne rime avec vipère. | Une minute pour convaincre ! | Attaque à deux pour force décuplée ! |
Vous êtes loin d’avoir tout vu ! Puisqu’à l’instar de James Bond, l’équipe Hanagumi laisse son thé vert en plan dès que sonne l’alerte. Chaque élite revêt alors sa combinaison ; une nouvelle facette du jeu se présente : les combats de Koubu (méchas), une affaire placée sous le signe du Tactical RPG. Les deux premiers volets mettent en scène des combats classiques, plutôt dirigistes. On effectue une ou plusieurs actions sur un échiquier en 3D isométrique selon les "points" qui nous sont attribués. Toutefois, Sakura Taisen assiste à l’arrivée d’un essor grâce à la 3D. Désormais, libre à vous de vous déplacer comme bon vous semble. Vos mouvements seront comptabilisés selon un système "vol d’oiseau". Comprenez par là que si vous décidez de contourner un obstacle, le programme considérera seulement et volontairement la hauteur de cet obstacle, comme si vous l’aviez traversé en ligne droite. Ce système ingénieux vous donne la possibilité de planifier bien plus d’actions à chaque tour. Ainsi, il ne sera pas rare de charger (pour remplir sa barre de limite), se déplacer, attaquer l’adversaire par une attaque sommaire avant de lui infliger la sévère sentence de votre limite (animation digne d’un Super Robot Taisen à l’appui et voix françaises pour le troisième volet en prime). De plus, selon la position de vos coéquipiers, il sera possible d’effectuer des attaques en duo ou soigner plusieurs membres en une même action. Evitez néanmoins que votre adversaire en profite pour vous infliger une sévère attaque à votre groupe. Certes, le côté stratégique de Sakura Taisen n’atteint pas l’exhaustivité d’un Tactics Ogre ou d’un Advance Wars… quoiqu’il reste tout aussi simple à prendre en main, conviviale et appétant.
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| Malgré son caractère glacial, Lobelina possède un charme certain. | Cheeeese ! | La barrière de la langue certes, mais les dessins sont si expressifs... |
Enfin, le dernier plus de la saga (et non des moindres) réside dans la mise en place de dessins animés (mélangé avec quelques composantes 3D) entrecoupant l’action subtilement pour l’enrichir, lui donner une tonalité plus ou moins héroï-comique. Et force est de constater que sur ce plan, Sakura Taisen balaie toute concurrence ! Chaque seconde d’animation s’avère une véritable cure de jouvence tant elle répond aux demandes de chacun : une qualité d’image irréprochable, un jeu de scène riche, des voix digitalisées des plus convaincantes… Oui, les studios RED détiennent ici un talent indéniable ! Et ce n’est pas la cinématique d’introduction de Sakura Taisen 3 qui viendra fausser notre jugement…
Que dire de plus… Sakura Taisen mélange habilement créativité, exhaustivité et qualité. Une règle des trois unités qui su forger la réputation de la saga au pays du Soleil Levant et qui incite vivement les non initiés à effectuer leurs premiers pas. Puisqu’en aucun cas, n’ayons crainte des mots et de notre subjectivité débordante, le mot "regret" prendra naissance dans votre bouche (en vous conseillant de commencer par le premier pour mieux comprendre chaque détail des épisodes suivants).
La saga Sakura Taisen poursuit au galop, c’est le cas de le dire, avec un Sakura Taisen 0 (cherchez un soupçon de logique) aux racines plantées dans la culture Far West et des rééditions PlayStation 2 et un Sakura Taisen 5 sorti le 7 juillet dernier. A quand une localisation américaine ou européenne ?!