Fantasy-Source.com > Dossier > Final Fantasy VII - ImpressionsQualifier Final Fantasy : The Spirits Within comme le premier et dernier fanfaron cinématographique de Square Pictures ne tient pas debout. Seules les personnes de mauvaise foi se voilent la face dans le but de démentir les qualités et de s´attarder uniquement sur les défauts certains du film.
Dans cette optique, les lignes suivantes s’apparentent en quelque sorte à un procès tant vous vous apercevrez que mon avis s’avère indécis face au souci de défendre et de dénoncer.
"Une fâcheuse volonté d’imiter un septième art américain plat" ; c’est ainsi que nous pouvons identifier la principale source de ses défauts.
Comme tout film d’"action" arriviste, Final Fantasy : The Spirits Within souffre de protagonistes au caractère placide voire niais qui ne manquent pas la moindre occasion d‘afficher leur faible capacité de réflexion ou leur maigre dictionnaire comique. Pour preuve le personnage de Neil qui se contente de "détendre" l’atmosphère (d’ailleurs plus plate qu’oppressante) par un humour burlesque, voire pathétique. Un vrai bonheur de le voir schématiser, transformer selon son vocabulaire maladroit la théorie de Gaïa alors que cette dernière est la clé de sa survie. Me suis-je trompé en ne soulignant pas son indéniable talent pour l’humour noir ?
Quant à Hein, malgré son look et la gestion de l’éclairage réalisée tout à son égard, il est loin d’égaler les bad guys des FF sur consoles. Pourquoi avoir troqué des héros aussi charismatiques, au passé si riche ou à la rhétorique si pesée contre un général mort dans l’entêtement de ses propres ambitions, apeuré devant la personne en qui il avait le plus confiance ? Que mes nerfs s’agitent quand je pense qu’une simple copie de Kefka aurait rempli pleinement le rôle, en important des sentiments percutants, des retournements de situations… Ici, tout se prévoit une demi-heure à l’avance et l’on regrette que les dialogues n’aient pas été travaillés avec soin ; avec Kazuhige Nojima.
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Dans l´optique de dénoncer un manque irréfutable de profondeur, de punch : penchons notre regard sur la mise en scène. Bien que FF : TSW se constitue d’un enchaînement de scènes en images de synthèse pré calculées, il n’arrive pas à cerner, tirer au maximum profit de ses dialogues tandis que les scènes d’action sont quant à elles parfaitement suivies. Une vérité d’autant plus rageante quand on s’aperçoit que notre héros, soit disant charismatique, n’effectue pas les actions nécessaires afin de se démarquer des personnages secondaires ; il se fond même parfois dans la masse quand il enchaîne les actions maladroites (ne peut rester en place lorsqu’il donne les ordres à son équipe, n’oublie en aucun cas d’énoncer LA phrase qui fâche suite à un monologue fort réussi ("... au boulot ; et on se casse !")).
Certes, vous me trouverez bien trop pointilleux mais ce sont malheureusement les petites rivières qui forment les grands fleuves.
Pourtant père de la saga, Hironobu Sakaguchi oublie délibérément l’esprit propre à Final Fantasy et ne se contente que de poursuivre le débat écologique lancé par Final Fantasy VII. Cependant, derrière ce masque clinquant, se cache un FF : TSW bercé par une science-fiction pure et dure : environnement futuriste, découvertes biologiques…
En caricaturant légèrement, nous pourrions même l’assimiler à Alien tant les monstres répondent présents et les protagonistes disparaissent un par un suite à leurs attaques, dans un endroit plus ou moins isolé du reste du groupe.
On se demande alors pourquoi Square Pictures ne garde pas en tête l’esprit cher à la série, soit en narrant l’histoire dans un univers futuriste (une touche d’héroic-fantasy (à la manière de FF VII ou VIII)), soit dans un univers médiéval.
Pour tout vous dire, en regardant les premières minutes du Seigneur des Anneaux : la communauté de l’anneau, j’ai tout de suite affirmé : "Si seulement FF (le film) avait été comme ça… ces petites habitations me font trop penser à celles de Clayra (FF IX) en plus !". L’erreur est malheureusement humaine…
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Un dernier élément à souligner : l’absence de musiques entraînantes. Ce constat vient irréfutablement emmouscailler un public qui tente tant bien que mal à plonger dans le film. Aucune (outre "Spirit Dream Inside" et ses reprises instrumentales) ne peut se targuer d’accentuer l’action ou un sentiment fort. De plus, excusez d’avance ma franchise, le Directeur du Son découd avec ce problème en abaissant volontairement le volume de ses compositions.
Ne cassons cependant pas que du noir sur le compte de Final Fantasy : The Spirits Within puisque le même nombre d’arguments contraires peuvent remonter la barre.
Pour commencer, le plus évident : la réalisation technique. Même à l’heure actuelle, la qualité du travail effectué par Square Pictures est loin d’être devancée (un simple regard sur la qualité de modélisation de Dinosaures suffit). Le réalisme des textures de la peau, des architectures déchirées ou des effets pyrotechniques nous laisse toujours bouche bée. Bien que nous ne pouvons pas que jurer par cet aspect, il constitue un argument de taille pour inciter une personne à aller voir le film.
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Un second point favorable : l’histoire. Bien que cette dernière soit gâchée par une mise en scène amorphe, nous ne pouvons qu’applaudir Hironobu Sakaguchi pour sa théorie de Gaïa. Des propos qui, à une époque où le souci du Salut tracassait bien plus les gens, aurait été considérés comme intrinsèques et propres à une ostensible folie. Pour plus d’informations à ce sujet, veuillez vous reporter à la partie "Théorie de Gaïa".
Enfin, nous pouvons également énoncer une certaine maîtrise du contraste, d‘un certain goût pour le décalage. Un exemple parmi tant d’autres : le dialogue entre Dr. Sid et Gray, au moment où ils s’affrontent pour déterminer la nature des événements ultérieurs ; soit ils restent à bord du vaisseau, soit ils attirent le huitième esprit vers Aki. Une scène qui confronte une logique scientifique et le système D des membres de l’armée ma foi fort comique.
D’ailleurs, cette volonté de contraste se retrouve jusque dans la gestion de l’éclairage. Vous aurez sans mal remarqué que FF : TSW joue sans cesse entre le bleu nuit, le orange (spectres) et le gris (vêtements et installations des scientifiques). Cette maîtrise offre un véritable cachet et souligne une fois de plus la qualité de réalisation du film.
Pour conclure, je ne peux m’empêcher de suivre à la lettre le procédé du Dr. Sid, à savoir que des schémas ondulatoires contraires s’annulent. Il en est de même avec ce film tant les arguments positifs et négatifs sont de même nombre. A vous de savoir si vous privilégiez l’aspect technique au dialogue. Néanmoins, nous pouvons donner un dernier conseil à Sakaguchi et son équipe, celui de ne pas commettre deux fois la même erreur en oubliant complètement l’esprit de la saga.