Fantasy-Source.com > Dossier > Final Fantasy VII : Advent Children - Volume 3Le météore commandé par Sephiroth écrase Midgar. C´est alors que la Rivière de la Vie apparaît dans un ultime effort. Mais si ce miracle a sauvé la population de la catastrophe, leur avenir est-il aussi radieux qu´il le parraît ?
Note : Cette traduction a été réalisée à partir de la version originale (japonaise) par Guillaume, pour Fantasy-Source uniquement !
« Je ne sais pas combien de temps je suis resté inanimé.
Quand je me suis réveillé, la maison était sens dessus dessous.
Levy était écroulée par terre. Lorsque je l’ai appelée par son nom, elle a ouvert légèrement les yeux et m’a rassuré en me disant d’une voix faible qu’elle allait bien. Elle m’a alors demandé de lui prendre la main. Je lui ai tendu la mienne. Elle l’a prise, mais elle n’avait aucune force. Elle m’a dit que comme la main de son fils était trop grande, elle ne pouvait plus la prendre. Ça tombait bien que je sois un enfant. Elle m’a alors demandé comment c’était dehors. J’étais inquiet, mais je suis sorti. C’était le matin. Les alentours étaient à peu près aussi désordonnés que l’intérieur de la maison. »
Denzel continuait à parler en baissant la tête, alors que Reeve écoutait en fermant les yeux.
* * *
Denzel, qui s’était rendu à l’extérieur, se retourna pour regarder la maison de Levy. Il pouvait voir que les fenêtres n’avaient plus de vitres. En regardant tout autour, il vit que celles des autres maisons aussi étaient cassées. Il y avait également des habitations dont le toit était parti, ou dont les murs avaient des trous. Finalement, c’était partout la même chose. Denzel se dit que ç’aurait été pareil s’il n’avait pas cassé le carreau. Mais il était en colère d’avoir pensé ça.
Alors que j’en ai fait voir de toutes les couleurs à Levy et qu’elle a toujours su me protéger, tout ce que je cherche à faire est de me donner bonne conscience.
Lorsqu’il revint dans la maison, Levy semblait endormie. Son visage était calme. Denzel, inquiet, lui secoua l’épaule.
« Levy ! »
Mais elle ne semblait pas être en état d’ouvrir les yeux.
« Levy ! », cette fois, il la secoua plus fort encore.
Un filet de liquide noir coula de la commissure des lèvres de Levy. Denzel se hâta de l’essuyer, en pensant que c’était le signe qu’elle était morte. La chose noire sortait aussi des cheveux de Levy. C’est répugnant. Denzel, pris de panique, se précipita hors de la maison.
« Papa ! Maman ! Au secours ! », cria-t-il. Puis il appela tous les noms qu’il connaissait. Ensuite, il ne lui restait plus qu’à pleurer.
« Eh, ne pleure pas ! », de sa grande main, quelqu’un attrapa brusquement la tête de Denzel et la releva. Un grand homme portant une barbe toute noire se tenait là. Derrière lui était arrêtée une camionnette, dans la remorque de laquelle se trouvait une dizaine d’hommes et de femmes.
« Pourquoi es-tu ici ? Ne disaient-ils pas à la télé d’aller se réfugier dans les bidonvilles ? »
Il semblait à Denzel que s’il ne répondait pas correctement, il se ferait frapper. Il dit en sanglotant : « Je n’ai pas vu la télévision. »
« C’est pas possible ! Alors il n’y a que des types qui ne savaient pas ou qui croyaient que tout allait bien ? »
Les gens de la camionnette, comme réglés, prirent tous un air embarrassé.
« Et ta famille ? »
« Levy est à l’intérieur. »
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| Edge et ses habitants |
* * *
« C’était un homme nommé Gaskin. Il a enterré Levy dans le jardin de derrière. Les gens du camion ont également donné un coup de main. Nous avons enterré le livre de son fils et ses outils de couture avec Levy. La couche épaisse de terre qu’il y avait dans le jardin a intrigué tout le monde. Ils ont dit que d’habitude, ils tombaient toujours sur le plateau en creusant. »
« Elle avait peut-être l’intention de faire pousser des légumes. Les gens qui viennent de la campagne font souvent ça. »
« Je crois c’était des fleurs... », répondit Denzel en regardant son mouchoir, offert par Levy.
« Dans la maison, il y avait plein de motifs de fleurs et des fleurs artificielles. Mais en réalité, je crois qu’elle avait envie de vraies fleurs. Elle habitait à Midgar parce que son fils travaillait à la Shinra, mais elle aurait sûrement préféré avoir de la bonne terre pour faire pousser... pardon. Je m’écarte du sujet. »
Reeve écoutait en acquiescant.
* * *
Finalement, le camion qui transportait Denzel et les autres s’arrêta à une gare pour se rendre aux bidonvilles. Gaskin dit : « Les trains ne circulent pas. Et il n’y a aucun espoir pour que les rails soient remis en état. Mais par chance, la ligne mène toujours jusqu’à la surface du sol. Si vous marchez en la suivant, vous devriez rejoindre la terre ferme. »
« Est-ce que c’est dangereux à Midgar ? », demanda quelqu’un.
« Ça, je n’en sais rien. Mais de toute façon, c’est plus sûr en bas qu’ici, non ? »
Puis il continua pour Denzel : « Fais attention à ne pas glisser. Comme c’est tendu pour tout le monde, tu dois t’en sortir tout seul. »
Alors il fit demi-tour et partit. Devant la gare, la plupart des gens s’étaient rassemblés. La lumière blanche avait eu des conséquences sur tout Midgar. Les gens dont la maison avait été démolie, mais aussi les personnes qui pensaient que la ville allait peut-être être détruite s’étaient enfuis jusqu’ici. Cependant, nombreux étaient ceux qui hésitaient à emprunter les rails pour se rendre sur la terre ferme. Plutôt que des voix se réjouissant de l’anéantissement du météore, on pouvait entendre des plaintes sur le fait que les recommandations pour l’évacuation étaient incomplètes. Denzel était content que son père ne soit pas là. Denzel se fraya un passage dans la foule jusqu’au quai, et entra dans la file pour descendre les rails. Il ne comprenait pas ce que tous ces gens attendaient, et comme il n’avait entendu de consigne que de Gaskin, il considérait naturel d’y obéir.
On pouvait voir les rails s’étendre du haut de la colonne de fer jusqu’à la surface du sol. Il n’avait aucun moyen de s’en sortir s’il tombait, alors il avançait précautionneusement. La route, qui descendait en colimaçon autour de Midgar, était si longue que c’en était agaçant, mais Denzel ne pensait à rien et restait concentré pour ne pas glisser.
La file s’arrêta subitement. Apparemment, il y avait un bouchon. En fendant la foule pour progresser sur le chemin, il vit qu’un garçon de trois ans environ était assis, les jambes allongées sur le bois reliant les rails, dans une situation tout à fait instable.
Denzel pensa que si la cause de l’embouteillage était cet enfant, il suffisait de le contourner. Quelqu’un parla à l’enfant : « Où est Maman ? ».
L’enfant se mit tout à coup à pleurer, en criant « Maman », et se pencha vers le bas. Il perdit l’équilibre, et alors qu’il allait tomber, Denzel se précipita vers lui pour le retenir par le bras. Un brouhaha se fit entendre parmi les adultes qui étaient là. Et quelqu’un dit : « Eh, ce gosse est infecté ! »
« Ne le touche pas, tu vas être contaminé ! »
Denzel ne comprenait pas ce qu’ils disaient.
« Oh, lève la tête pour voir. », lui hurla quelqu’un. Comme on le lui demandait sur ce ton, Denzel eut envie de se rebeller et ne comprenait pas pourquoi on s’adressait à lui de cette façon, mais s’exécuta. Comme il avait commencé à aider l’enfant, Denzel agrippa son dos et le hissa sur la tôle qui servait à fixer les rails contre le pilier. Il se demandait pourquoi personne ne l’aidait, mais il comprit tout à coup. Le dos de l’enfant était trempé de liquide noir.
Comme le chemin était à nouveau accessible, les gens avaient recommencé à marcher. Le garçon répétait en pleurant « Maman » et « j’ai mal ». Denzel se souvint alors qu’on lui avait dit « tu vas être contaminé ». Il eut envie de pleurer. Il en voulait à l’enfant, mais il pensa tout de suite à Levy. Et au fait qu’il avait trouvé répugnant le liquide noir qui s’écoulait d’elle. Et qu’il s’était enfui parce qu’il avait pris peur. Il avait le coeur gros, et se sentait coupable.
Denzel traita le garçon gentiment, en espérant qu’il se rachèterait ainsi. Il avait envie que Levy le pardonne. Il s’accroupit à côté de l’enfant et lui demanda : « Où as-tu mal ? »
« Derrière. »
« Tu as mal au dos ? »
« Oui. »
Il passa doucement sa main dans le dos de l’enfant. Quand il avait mal au ventre, cela le soulageait que sa mère le frotte légèrement. C’était pareil quand il s’était cogné quelque part. Peut-être que je peux moi aussi utiliser les pouvoirs magiques de Maman.
Denzel commença à le caresser, en essayant de ne pas porter attention au liquide noir visqueux. L’enfant, qui avait mal au début, s’endormit finalement. Il s’en occupa trois heures, peut-être même plus, en prenant des pauses de temps en temps. Les gens descendaient la voie en ignorant Denzel et le garçon.
« Il est déjà mort. », une femme au visage fatigué se tenait là.
Un bébé était attaché à sa poitrine avec des cordons, et elle tenait par la main une petite fille de l’âge de Denzel environ. Cette fille dit alors : « On dirait une chemise de fille. C’est bizarre. Maman, on y va ? »
La femme qui s’était fait appeler « Maman » retira le blouson de sa fille sans rien dire. Elle le tendit vers Denzel et dit : « Donne-le lui ». La fille, qui transpirait sous ses trois couches de vêtements, eut l’air soulagée.
« Voilà. Mais comme il était à moi c’est un peu grand. », dit la petite fille d’un air supérieur qui ne plut pas à Denzel.
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| Geostigma a fait beaucoup d´orphelins. |
Il regardait l’enfant assis à côté de lui, qui se tenait en boule pour dormir. Il ne pouvait pas entendre son souffle.
Denzel n’en pouvait plus. La fille reçut le blouson de sa mère, et en recouvrit rapidement le garçon. Son corps, complètement caché, devint invisible.
« La même taille que moi. », dit la petite fille.
« Merci. », dit Denzel en utilisant toute son énergie. La mère avait déjà recommencé à marcher, et sa fille la suivait. La petite fille glissa sa main dans celle de sa mère. Elles avaient toutes les deux les mains souillées de noir.
Denzal pensa, en regardant le Chocobo dessiné sur le sac de la fille : Allons-nous mourir dans la souffrance, en pleurant, avec un liquide noir et visqueux s’échappant de notre corps ? En se répandant, la maladie va-t-elle tuer tout le monde ?
* * *
« A ce moment-là, personne ne savait rien encore sur les Geostigma. Les gens qui avaient été exposés au Lifestream rejetaient du pus noir et mourraient. Il y avait aussi des personnes qui ont été contaminées en touchant des malades. En réalité, la pensée de Genova était confondue avec le Lifestream... non, même si les gens avaient su a l’époque, ça n’aurait rien changé. »
« En effet, surtout pour les enfants. »
« Oui. »
« J’y ai pensé qu’en j’étais sur les rails. J’aurais voulu devenir un adulte, rapidement. J’avais envie de limiter, ne serait-ce qu’un peu, les choses auxquelles je réfléchissais sans les comprendre. »
* * *
Denzel observait vaguement les gens qui fuyaient vers la gare du bidonville. Ils descendaient d’étape en étape, à partir de la couche supérieure, et s’arrêtaient parfois, semblant se demander si c’était déjà fini. Il se disait qu’il ferait mieux d’en faire autant, mais il ne pouvait se défaire de l’espoir qu’il avait de rencontrer une connaissance en restant où il était. Finalement, ce fut la faim qui sortit Denzel de l’indécision.
En cherchant de la nourriture autour de la gare, il aperçut un amoncellement de paquets dans un endroit légèrement éloigné. En s’approchant, il put voir quelques hommes affairés. Ils semblaient creuser un trou. Une odeur de pourriture flottait dans l’air. Un homme porta une jeune femme sur ses épaules, et la déposa doucement dans le trou. C’était une fosse provisoire. Alors qu’il se dépêchait de quitter ce lieu, Denzel remarqua un sac dont il se souvenait très bien. Guidé par une impulsion qu’il ne comprenait pas lui-même, il prit le sac et regarda à l’intérieur. Il contenait des biscuits et du chocolat. Denzel pensa à la fille à qui il avait appartenu. Elle est morte.
« Mange ! », lui dit Gaskin.
Il avait une vague envie de voir Denzel.
« Tu as peur d’être contaminé ? C’est juste une rumeur. Elle est peut-être vraie, mais rien n’est moins sûr. Et de toute façon, que tu manges ou pas ça ne changera rien. Il vaut mieux mourir le ventre plein, non ? », après avoir parlé, Gaskin enfila sa main dans le sac et attrapa un gâteau qu’il mangea.
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| La Rivière de la Vie au secours des habitants de Midgar. | ||
« C’est bon. Je peux encore en manger. Si on les laisse comme ça, tout ce qu’on gagnera c’est qu’ils pourrissent ! Ce serait du gâchis, alors mange ! »
Denzel aussi mangea un gâteau. Le sucre lui faisait du bien. Il dit alors au sac : « Merci ».
Gaskin caressa brusquement la tête de Denzel.
Il se dit qu’il ne ressemblait pas du tout à son père, mais que sa façon de caresser sa tête était la même. Denzel vécut ici environ un an. Son premier travail était de trouver de la nourriture dans les paquets.
Il se fit tout de suite des amis, tous des enfants qui avaient perdu leurs parents. Gaskin avait lui aussi plus d’amis qu’avant. Il disait d’eux que c’étaient des idiots incapables de penser, et qui n’étaient pas tranquilles s’ils restaient immobiles. Ce groupe était celui qui avait commencé à enterrer les dépouilles. De temps en temps, Denzel se rendait compte qu’il riait. Il avait le sentiment qu’il pouvait redevenir celui qu’il avait été. Mais, en deux semaines, le nombre de réfugiés venus de Midgar diminua, et les gens qui se retrouvaient à la gare à bout de forces aussi. Gaskin et les autres n’allaient bientôt plus servir à rien. En pensant à son avenir qui s’assombrissait, Denzel ne put dormir de la nuit.
Un homme marchait en ayant l’air de chercher quelque chose. Il s’approcha alors de Denzel et ses amis, et leur dit : « J’aimerais bien trouver des tubes de fer. Plus il y en aura, mieux ce sera. »
Denzel et les autres cherchèrent. Ils en trouvèrent plein dans les décombres du quartier numéro 7.
L’homme les remercia et partit.
Il revint plusieurs fois. Dès la troisième fois, il amena des amis pour l’aider à chercher.
En fait, il voulait du matériel pour reconstruire la partie Est de Midgar. En échange des objets qu’ils trouvaient, les enfants recevaient de la nourriture.
Denzel et les autres devinrent la « bande des chercheurs du quartier 7 ». Ils reçurent de nombreuses demandes. Ils étaient fiers de pouvoir vivre de leur travail comme des adultes, et ils finirent par prendre chaque jour du plaisir. Il y avait des soirs où ils pleuraient en pensant à leurs parents, mais ils s’encourageaient mutuellement. Ils disaient qu’ils resteraient unis quoi qu’il arrive. Cependant, leurs destins n’étaient peut-être pas liés si fortement qu’ils le croyaient.
Un matin, Gaskin réunit ses camarades, autrement dit la bande de chercheurs des adultes et des enfants, et leur dit que dans le but de participer à la construction du nouveau quartier, il fallait qu’ils déménagent. Après que Gaskin ait fini de parler, tout le monde se mit d’accord et à ce moment-là, un enfant lui posa une question. Il avait remarqué que Gaskin s’était frotté la poitrine à plusieurs reprises.
« Gaskin, est-ce que vous allez bien ? »
« Pas trop... », sous le vêtement duquel il avait ôté un bouton, sa chemise était trempée de noir.
* * *
« Gaskin est mort un mois plus tard. On l’a enterré tous ensemble dans un lieu spécial. Tous les gens bien meurent... »
Reeve écoutait en hochant la tête. Denzel porta le café à sa bouche. Il n’aimait pas du tout à cause de l’amertume, mais il avait envie d’apprendre vite à apprécier.
A suivre...